mardi 4 mars 2014

Le 8 Mars « Journée Internationale de la Femme ».



 
Faut il se réjouir de cette journée spéciale ou ressentir comme une gêne de voir la Femme fêtée,  à part,  alors qu’en France, elle œuvre à égalité (  ou presque )  tout au long de l’année avec son « compagnon »  dans les grandes et petites responsabilités de la vie ?

C’est une bonne question que les avancées de la condition féminine en occident nous invitent à poser.  Mais c’est aussi une question qui nous invite à nous pencher sur le passé de la condition féminine et le silence qui y était attaché.
L’Histoire est une bonne « maîtresse de vie ». 
Michelle PERROT *  dans son ouvrage «  Mon histoire des femmes » raconte ainsi  son parcours d’historienne de la femme.  « Une histoire « sans les femmes » semble impossible. Pourtant, elle n’a pas toujours existé. Du moins au sens collectif du terme : pas seulement des biographies, des vies de femmes, mais les femmes dans leur ensemble, et dans la longue durée.  Elle est relativement récente,  en gros, elle a trente ans. Pourquoi cela ?
Pourquoi ce silence ? Et comment s’est-il dissipé ? (…)


A l’aide d’une histoire personnelle et vraiment banale je vous invite à refaire ce parcours. Cette histoire d’une évolution vertigineuse c’est la mienne, celle de la petite fille de la photo datée de 1946.
La France se reconstruisait, ses ruines écrivaient l'espérance et gardaient dans le silence du coeur la dure leçon de la guerre.
J'avais cinq ans, des petites chaussettes tricotées à la maison et mon petit chien,   au poil raide et de grande bâtardise, faisait ma joie.


Ma mère, « femme au foyer » se battait pour offrir un quotidien agréable, elle venait tout juste de pouvoir voter. Son éducation, le poids des jours sombres de la guerre ne lui avaient guère donné le désir  de  réclamer ce droit, pourtant pour elle ce fut comme un avènement, celui de devenir une vraie  personne. Aux conseils de mon père sur le choix de vote, elle répondait avec un sourire que c’était « son affaire ».

Bien sûr le Code Civil en faisait, alors,  toujours une mineure incapable, sous la responsabilité du mari, ne pouvant disposer librement des biens de la communauté,  mais lui reconnaissait depuis 1907 de pouvoir disposer de son  salaire et en 1938 de contracter ou agir en justice  sans  autorisation maritale.

Cette année ma mère aurait eu 100 ans.  Entre ses 32 ans où avec une indicible fierté elle a voté pour   la première fois et aujourd’hui se sont  produits en France  la plus formidable émancipation des femmes et les plus grands bouleversements du droit de la famille que l’histoire ait enregistrés. 
Si on y regarde bien ce sont aussi de  très grands combats réussis dans la lutte contre les discriminations sexistes et sexuelles.

De l’évolution du droit de la famille,  à  la révision constitutionnelle du  8 Juillet 1999 qui ajoute à l’article 3 de la Constitution de 1958 la disposition suivante « la loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives » et prévoit que les partis doivent « contribuer à la mise en œuvre de ce principe », c’est tout un train de lois qui transforme le paysage politique et social du pays :
·      la loi (6 juin 2000)  sur la parité en politique qui module l’aide publique aux partis politiques en fonction de leur respect de l’application de la parité pour la présentation des candidats aux élections et
·      : la loi Génisson (9 mai 2001)   sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes qui se poursuit dans une direction amorcée par la loi Roudy du 13 juillet 1983.

C’est aussi un autre  visage de la femme qui se révèle. Elle n’est plus dans le silence et sous le voile  de l’Histoire comme le dit Michelle PERROT, elle en est pleinement « acteur ».

Si je devais écrire une lettre ouverte à  ma petite fille, je lui rappellerais ce cheminement. Tout lui paraît aujourd’hui facile, évident. Et portant, toute évolution peut connaître des mouvements de balancier. Demain peut se révéler moins généreux à l’égard des femmes que ne le furent hier et comme l'est aujourd’hui si nous ne nous en sentons pas responsables.

Fêtons cette journée spéciale pour les femmes, pour se souvenir, pour prendre conscience, prendre position et s’engager,  pas seulement  pour soi, mais pour tous ceux et toutes celles qui n’ont pas encore le bonheur de vivre notre  liberté.

samedi 22 février 2014

Ils sont au pouvoir, elles sont au service - LE DENI - enquête sur l'Eglise catholique et l'égalité des sexes.


LE DENI : Quelle bombe.....
Quel bonheur !!!!!!
Si j'osais, si j'osais, si j'osais...


Appuyés sur l'épaule si fraternellement humaine de Jésus,    nous allons oser Canard.  Nous allons  oser écrire ce que nous  pensons depuis si longtemps. nous déclinerons   en couleurs, en notes de musique , le drame-liturgie de la femme catholique  du XXème siècle devant les puissants de l'Eglise catholique tétanisés à l'idée qu'il faudrait faire quelque chose pour cette  "émancipée" qui ose réclamer une place sur le forum des idées et les  gradins du pouvoir de l'Eglise romaine.
Ce n'est pas facile de convaincre, il faut des images fortes, pourquoi ne pas user  du  parallèle entre la comparution de Jésus devant Pilate, procurateur de Judée,  bien embarrassé de devoir le juger et le cas de la femme occidentale catholique  devant l'héritier du trône de Pierre  ?
Des femmes qui osent dire :  nous sommes en tout l'égale de l'homme et toute "fabrication théologique en dehors des textes évangéliques et des gestes de Jésus le Christ " est une discrimination sexiste dont le but est de les évincer du sacerdoce ordonné car c'est là que réside tout le pouvoir de juger, d'enseigner, de parler...."
Osé, Canard, oui c'est vraiment  osé. "Ils" ne vont pas aimer., car ils ont tout construit à partir du Patriarcat et la domination de la femme.

Cette femme, Canard, tu vas la "camper" presque nue sous son manteau rouge du sang qui a fait si longtemps d'elle une impure..., tu lui mettras une couronne d'épines durement enfoncée sur son opulente  chevelure si longtemps considérée comme le symbole de sa séduction, elle sera debout et silencieuse. Qu'opposer au représentant du pouvoir , si ce n'est ce silence que l'Apôtre  Paul dans l'épître à Timothée prescrit : " "Pendant l'instruction, la femme doit garder le silence en toute soumission. Je ne permets pas à la femme d'enseigner, ni de dominer l'homme".
C'est cela  Canard, campe la silencieuse, mais dessine lui  un regard qui voit loin, plus loin que les limites de ce tribunal . Un regard habité, accompagné, presque hypnotique à force d'être nié dans sa vérité.    Un regard qui ne juge pas, ne condamne pas  et pourtant interroge "Pourquoi ?" Pourquoi faire de notre "soumission-sacrifice de soi"  le marche-pieds de votre pouvoir ? Pourquoi, vous qui êtes nos frères, nos pères, nos fils, nos neveux ?

En face d'elle, si peu sûr de Lui dans la violence de ses condamnations, tu dessineras le "PUISSANT", le symbole de toute cette hiérarchie monarchique, le "César catholique".
Une sorte de Pilate malmené par la curie, les lobbies, bref tout ce qui ne peut vivre et s'épanouir en dehors de "l'entre-soi de la tradition". Attache-toi Canard à lui donner cette fragilité dévorante que donne le pouvoir.  Une fragilité qui doit tout à l'humilité de sa bonne conscience et aux chaînes   du système "Nous avons une Loi, et selon cette loi ....."
Dessine le dans son trouble et son désarroi, et place tout à côté de Lui les écrits de ses prédécesseurs. Que faire quand on ne sait que décider  si ce n'est  s'en remettre aux autres...à ceux qui ont déjà tranché.
Nous avons vu comme en un  cauchemar , tout à côté de Jésus, nous avons vu, oui de nos yeux vu, cette femme toute de rouge vêtue couronnée d'épines, qui traînait  la chaîne aux pieds.









Note 
L'historienne Elisabeth Dufourcq souligne que "quatre-vingts générations de femmes se sont succédé sans qu'on leur ait jamais demandé leur avis. La pensée du Magistère sur elles est exclusivement masculine et il n'a pas été permis aux femmes catholiques d'écrire sur elles-mêmes, encore moins d'écrire sur les hommes.  Ces écrits pourtant déterminent leur condition. "



vendredi 17 janvier 2014

Un vaudeville qui se révèle la plus médiocre des pièces de boulevard du moment.



L'affaire  Hollande, Trieweiler, Gayet est un  médiocre  vaudeville  certes !

La plus  triste farce, se serait elle pas l'absence de réaction des socialistes et féministes de gauche face à  "ce coup de poing" donné à une femme pratiquement sans défense ?                               

Vous, militants, responsables et journalistes socialistes, toujours si prompts à faire la morale par media interposés, vous qui introduisez  la lutte contre les discriminations comme si vous seuls en aviez le monopole. 

Vous qui luttez contre  le sexisme ordinaire, les violences conjugales  et allez jusqu’à préparer nos enfants dès  la maternelle, (pardon ! coup de patte à canard :  ne pas utiliser ce terme qui sent trop la maman), à lutter contre les tendances sexistes  de nos chers petits,  qu’avez vous fait de votre "première dame", qu'avez vous fait et dit POUR elle  ?


Je dis bien « votre première Dame », car je ne l’ai jamais considérée comme telle. La  liberté d'union  hors de  tout  cadre institutionnel de responsabilité réciproque qui est le  choix du  Président en exercice,  a ici   montré ses limites. On aime bien savoir qui est qui .

Mais, il est vrai que je suis vieux jeu et que je considère que le mariage est le fondement de la famille et qu’il m’a toujours paru  qu’il fallait choisir soit un couple marié pour représenter la communauté nationale, cette famille élargie,   soit  un président ou une présidente   officiellement  célibataire.

Oui, qu’avez vous fait  en faveur de cette dame ? Ai je entendu un mot de compassion ?
Comment pouvez vous laisser son compagnon la traiter ainsi  devant le monde et la France ?

Vous ne vous êtes pas posé la question «  Notre Président ne serait il qu’un goujat « ?
Moi, j'ai déjà répondu , OUI c'est un goujat.

COUCOU...   féministes mes soeurs, en majorité de gauche, ai je entendu vos voix pourtant si promptes à dénoncer ?
Il est des violences psychologiques  qui font plus de  mal que des coups de poing.  N’y aurait il pas  matière à porter plainte pour violence au sein du couple ?

Et si ce n’est plus un couple, alors que fait Madame Trierweiler à l’Elysée ?
Certes depuis une semaine,  Valérie est  hospitalisée à la Pitié-Salpétrière,  tout est donc en suspens. Le dénouement interviendra  sans doute  après sa sortie de l’hôpital et durant sa convalescence, mais rien ne vous empêche de manifester votre désapprobation devant autant de violence à l’égard d’une femme  en permanence sous les projecteurs.

Une femme qui se révèle entièrement dépendante du fait du Prince !!!!

Je suis choquée par le comportement de cet homme,  choquée de constater que le Président des Français fait la preuve de si peu  de classe, choquée de voir qu’il n’a pas encore su donner  sens à  son mandat. Choquée qu’il n’ait pas encore endossé la noblesse  de sa fonction,  mais je dois le dire que je suis  encore plus choquée  par le peu de considération  apportée à une femme qui même si elle n’est pas aimée, n’en demeure pas moins une personne digne de considération et de respect, ne serait-ce que pour ce titre de « première dame » des français.


Canard Sauvage.

vendredi 20 décembre 2013

lettre ouverte au Président de la république.


Une Femen mime un avortement et urine dans l'église ... - L'Express

www.lexpress.fr/.../une-femen-mime-un-avortement-et-urine-dans-l-eglis...

Voilà l'info. Voilà ma lettre. Puis je dire vulgairement que j'en ai "MARRE" de tout cela. 







Monsieur le Président,

Stupeur : une « Femen » a mimé l’avortement  de Jésus sur l’autel de la Madeleine !!!
En ce temps de Noël !
Est-ce vraiment normal ? N’y a-t-il pas là motif à condamnation ?


Certes, le Christ tout au long des Ecritures n’a guère reçu les hommages des grands et des puissants. Son enseignement s’adressait plutôt aux pauvres, aux petits, à tous les réprouvés de la terre,  aux malades, aux humbles de cœur et aux artisans de Paix.
Les émois de catholiques de la base  ne sauraient donc faire le buzz….

Mais nous, nous en vivons de cet  enseignement qui nous vivifie  et nous tient debout devant  tous ces gestes sacrilèges qui sont autant de crachas sur  notre face de croyants.  Si personne à la tête de notre Nation ne nous aide, ne nous comprend, que faudra-t-il faire ?  Tirer l’épée comme Pierre le soir de la Passion ?

Jusqu’à quand pourrons nous résister à l’envie de violence qui nous prend parfois à la gorge  de nous révolter devant tant d’irrespect pour nos croyances, notre communauté catholique et nos lieux de cultes ?


Je suis une grand-mère de 72 ans, je lutte pour la condition féminine depuis des décennies, et  me sens profondément blessée à la fois dans mon identité chrétienne et  dans ma lutte pour la dignité de la femme.

Pensez aux yeux innocents des enfants qui voient de telles choses ….


Il est de votre devoir de maintenir la justice et la paix  dans notre pays, je fais appel à votre humanité et vous prie de faire un geste pour que cessent ces  provocations qui ne sauraient à terme qu’être objets de troubles et de violences.


Respectueusement.

Jacqueline LACH-ANDREAE

mercredi 11 décembre 2013

Je ne peux résister au plaisir de "poser" dans mon blog ce texte de Maurice Zundel.
Oh toi Cher lecteur savoure.
la petite marchande d'allumettes
« Puisque Dieu lui-même n'est pas un pouvoir, puisque Dieu lui-même est l'Amour, puisque Dieu lui-même ne possède rien, puisqu'il ne peut nous toucher que par son cœur, comme nous ne pouvons l'atteindre que par le nôtre, comment l'Église-Christ pourrait-elle être un pouvoir ? Elle ne peut être qu'un lavement des pieds pour introduire l'homme dans l'univers de l'Esprit.
Par notre seule présence, nous pouvons susciter la vie, faire tomber les murs de séparation, être un évangile vivant. Et c'est le plus persuasif. Davantage ! la seule action vraiment humaine, irremplaçable, qu'aucune machine ne pourra jamais accomplir à notre place, c'est celle-là : une présence toute recueillie en son amour et qui le laisse transparaitre, et qui, en créant un espace de respect, comme Jésus au lavement des pieds, suscite en l'autre le sentiment qu'il y a quelque chose en lui qu'il n'a pas encore découvert et qu'il va découvrir maintenant parce que, à votre approche, à travers votre visage, il a vu luire le Visage déjà imprimé dans son cœur.
C'est cela qui est l'âme de tout apostolat. Nous n'avons pas à prêcher, nous n'avons pas à parler de Dieu ; moins on en parle, mieux ça vaut. Nous n'avons pas à faire un prosélytisme qui amène les autres à penser comme nous, puisque nous n'avons pas à penser quelque chose, mais à vivre Quelqu'un. Il s'agit de communiquer une Présence qui ne fait pas de bruit, une Présence qui est au cœur du silence et que le silence seul peut transmettre.
Le témoignage que nous avons à donner, le témoignage de notre vie : apporter à tous ces hommes pourvus des techniques les plus parfaites la révélation de l'amour par la lumière et l'amour du Christ. C'est pourquoi il faut apprendre à baisser les yeux devant les âmes. Il ne s'agit pas de convertir les êtres en leur jetant des paquets d'arguments, mais de baisser les yeux avec tant d'amour qu'ils comprennent qu'il y a en eux une valeur tellement grande et tellement belle. Les êtres ne croiront en lui, le Dieu vivant, que lorsqu'ils découvriront en nous une source de vie. C'est cela, être missionnaire, prêtre, saint. Si souvent, la religion s'est réduite à un ensemble de rites, d'exclusivismes étroits, parce qu'on ne l'a pas comprise comme l'ouverture à la vie. Comment pourront-ils résister à la religion, quand elle sera la vie, la vie qui chante, qui assume toute créature pour la porter à l'appel du Christ ?...
Dire les mots avec cette plénitude intérieure qui les rend efficaces. Ne jamais prendre soin de soi-même.
Il faut que le sourire commence à luire dans les ténèbres. C'est cela, la merveille de la parole: c'est que nous pouvons vraiment engendrer le Christ sans le nommer, sans qu'il soit jamais question de lui, sans qu'il soit jamais fait allusion à la religion ou à l'Église, car il remplit tous les mots, dès lors que la parole est ouverte sur lui. Le son devient l'harmonique de l'éternelle Musique qui fait lever dans la parole le rayonnement de l'Amour.
Notre vocation ? C'est d'être le sacrement collectif d'une Présence qui est la liberté dans sa source, un sacrement de silence où toute l'humanité contemporaine subira l'attraction de cette Présence qu'il est inutile de nommer si l'on n'en vit pas, car on ne fait que l'abimer, la défigurer, la limiter et la rendre odieuse. Il nous faut vivre (de) cette liberté, vivre (de) cette Présence qui est universelle et en chacun de nous, la vie de tout l'univers. Car si nous sommes axés sur le Dieu vivant, nous sommes au cœur des autres. C'est la seule manière d'atteindre les autres, d'atteindre leur intimité sans la violer, c'est d'aller, justement, nous-mêmes, jusqu'à la racine de notre être, c'est la même racine que les autres plongent dans le cœur de Dieu. Nous pouvons agir sans prosélytisme, sans indiscrétion. Nous pouvons agir les yeux baissés, à condition que nous écoutions cet appel, que nous soyons atteints et fascinés par un Amoureux, un Dieu qui est totalement engagé dans notre vie, (...) un Dieu qui ne peut pas s'exprimer dans cette création, si nous ne sommes pas translucides à sa Présence. »
Maurice Zundel
Dans "Les Minutes étoilées de M. Zundel", d'Emmanuel Latteur. (page 40-42, Editions Anne Sigier)

Merci Danielle,  Toi l'amie fidèle qui nous adresse tant et tant de textes si bien choisis. 

samedi 9 novembre 2013

Qui se souvient de Boadicée ?


Qui se souvient de Boadicée ?
Elle fut la Reine des Icènes, peuple celte vivant sur les terres d’Albion la Blanche.
(Emprunté au site du Comite de la jupe cet excellent article de Sébastien MORGAN)
Baodicée :  Reine des Icènes
document Wikipedia.
 Qui s’en souvient ? A la suite d’un traité inique, l’administration romaine réduit son peuple en esclavage. Refusant cette situation, elle exprime son désaccord. Comment ? Une femme reine ? Une barbare ? Et qui ose parler contre Rome ? Une légion est envoyée avec pour instruction de l’humilier. La reine est fouettée en public, ses deux filles violées devant elle par une dizaine de soudards…
Qui se souvient de Boadicée ?
Suite à cela, elle prit les armes, son peuple derrière elle. La plus grande révolte celtique de toute l’histoire. Londres est prise, rasée jusqu’aux fondations, la Tamise devient un fleuve de sang. L’oppresseur frémit, se ressaisit, envoie de nouvelles légions et écrase les révoltés. Boadicée est morte mais sa mémoire demeure, son combat s’inscrit dans l’intemporalité, dans la méta histoire.
Qui s’en souvient ?
Certes pas les signataires de la pétition abjecte dite des « 343 salauds » justifiant et défendant la possibilité pour un homme de disposer d’un autre être humain à son gré. La prostitution, le plus vieux métier du monde ? Peut-être. L’esclavage a beaucoup d’années derrière lui également. Et entre les deux, un lien insécable puisque 80 % des prostituées arpentant nos rues sont issues de la traite des êtres humains. Comment dans certaines têtes malades, cette idée de pétition a-t-elle pu germer ? Dernier avatar d’une société de consommation décadente qui se croit tout permis.
Qui se souvient de Boadicée ?
Certes pas l’Iran dont le gouvernement vient de voter une loi permettant aux hommes de se marier avec des gamines de 13 ans. Certes pas la Hollande qui vient d’autoriser la création d’un parti pédophile.
Qui se souvient de Boadicée ?
Certes pas ceux qui enferment les femmes sous des sacs et des grillages, ceux qui coupent les mains des petites filles qui mettent du vernis, ceux qui brûlent les visages à l’acide, ceux qui lapident les corps et broient les âmes. Certes pas ceux qui pulvérisent la famille et les individus par les coups, les claques et les mots acerbes.
Qui se souvient de Boadicée ?
Certes pas ceux qui au nom du combat contre la théorie du genre voudrait enfermer les femmes dans des rôles stéréotypés, dans des métiers « adaptés à leur condition » ou mieux encore dans des non métiers car, pour eux, le rôle de la femme est purement biologique et se résume à mettre au monde et à éduquer la progéniture… Ceux qui sont choqués par des petites filles jouant avec des épées ou des camions, par des garçons jouant à la dinette (alors que le métier de chef est largement dominé par les hommes, ô ironie !)
Qui se souvient de Boadicée ?
Certes pas les tenants du patriarcat religieux qui empêchent la femme de guider les âmes, qui l’enferment dans l’image de la femme soumise, gentillette, aux mains jointes et aux yeux baissés.
Certes pas les femens hystériques hurlant leur colère contre tout et n’importe qui, croyant utiliser leur corps pour se battre mais n’exhibant qu’une vulgarité irréfléchie et aveugle.
Qu’on se souvienne de Boadicée, qu’on se souvienne de la Reine des Icènes, de la mère blessée et de sa marche sur Londres !
Qu’on s’en souvienne et que naisse une sorte de femmes et d’hommes habités par le Feu Sacré et prêt à en découdre avec ce monde qui sans cesse rabaisse la moitié de sa population.
Qu’on se souvienne aussi de la Sainte Chevalière Jeanne, de la Vierge qui terrasse le Dragon, de la reine Kahena et de toutes celles qui se levèrent contre l’iniquité.
Qu’on s’en souvienne et que naisse une femme ni féministe, ni soumise mais forte, féminine, reine et guerrière !

Sébastien Morgan
Auteur de « Devenir soi-même, chronique d’un chrétien du XXIe siècle », Ed.Mercure Dauphinois, 2013.

dimanche 20 octobre 2013

Heureux les pauvres de coeur......


Quand bien même mille pensées, mille interrogations tourneraient dans ma tête, j’ai  en ce moment des difficultés à les mettre en forme, un doute subtile et « malin » à la fois s’est insinué et murmure « à quoi bon ? … »

Le fil s’est brutalement rompu un jour,  alors  qu’attablée  avec une amie, à la fin de notre repas,   j’ai posé la question :
«  Qu’en pensent nos amis de ce que je fais, de mes recherches théologiques, de ma Foi ? «  

Le boulet est tombé sans méchanceté, a touché le but avec une précision toute mathématique de la science de la balistique :
«  Ils pensent que c’est quelque chose qui a eu son heure de gloire et qui maintenant n’intéresse plus personne ».

Bref, je perdais mon temps, je perdais les précieuses heures de cette vie qui me reste à vivre.
Quelque chose qui a eu son heure de gloire……
Quelque chose qui n’intéresse plus personne.

Pourquoi ne pas l’avouer, j’ai été désarçonnée.
Je vis dans un milieu croyant, pas vraiment  pratiquant, mais croyant.
La foi chrétienne est la base de notre culture , foi vécue chez les Réformés et les Catholiques de la famille ,  Foi partagée  en un Dieu d’Amour, doublement révélée en Jésus Christ,  Foi en l’Homme sauvé et relevé  dans sa dignité de baptisé.
Foi dans la vie qui prend  sens, même si elle  déroute et  déstabilise.


La Foi chrétienne de ceux qui ont construit notre société est bien là  présente comme autant de piliers qui sont en harmonie  avec ceux qui croient en d’autres religions ou ne croient pas du tout.  Et l’ensemble est beau, je n’ai pas honte de cette architecture.
C’est une architecture humaniste.

Je me suis alors demandée que deviendrait cette architecture si nous disparaissions, nous les chrétiens,  du paysage national ?

Serait elle le témoin d’un passé révolu, harmonie laissée par des aïeux, comme le Parthénon, les Pyramides, ou Teotihuacan ?
Ruines solitaires, grandioses qui parlent surtout par l'appel au travail de  mémoire et les interrogations suscitées. 


Ruines trop chargées de mémoire pour pouvoir encore s’imposer à celui qui n’a pas le désir du dialogue ?
Ruines dont les pierres servent à construire des habitations, d'autres mausolées ?







C’est curieux, après quelques jours de déstabilisation, je me suis retrouvée dans un état d'esprit  qui s’apparente à de la pauvreté.
J’ai alors pensé «  Heureux les pauvres de cœur »…

Je "L’ai vu" sur la hauteur enseignant les foules : « Heureux les pauvres de cœur »,
Heureux ceux qui n’imposent rien, qui ne charrient pas des tombereaux d’évidences, qui ne jugent pas, qui vivent sur le fil du doute sans jamais se penser abandonnés par la Vérité qui les dépasse  et pourtant ne les écrase jamais,  qui les maintient debout. 
Oui, heureux sommes nous, peut-être, de n’être plus ces riches qui imposent leurs modes, leur pensée, leurs diktats moraux.
Heureux sommes nous d’être plus légers, de n’être plus de cette « chose » qui a eu "son heure de gloire".

Heureux sommes nous de reprendre le travail à la source, dans la simplicité, avec dans la tête et le cœur des élans de créateurs.

Nous vivons une époque étrange et belle à la fois, une époque qui  nous dépouille peut-être pour nous apprendre à sentir la peau de l’Autre, sa douceur, à déceler son parfum.
Chteau de Montesquieu - La Brède - Gironde

Jean le Baptiste vivait à moitié nu « proclamant un baptême de conversion en vue du pardon des péchés «  Mc 1,4
Peut-être nous faut il revenir au mitant  du Jourdain, pour l’y rencontrer pour n'avoir pas peur d'affronter ensuite  le désert et ses tentations ?