dimanche 10 août 2014

un petit tour sur le site du Comité de la Jupe

Je pose cet article de Maud AMANDIER  et Agnès CHABLIS trouvé sur le site du COMITE DE LA JUPE dont je ne saurais trop recommander la saine lecture.


Comment un évêque entretient les stéréotypes de genre

Mercredi 19 mars 2014
Par Alice CHABLIS, Maud AMANDIER
hildegard-von-bingen
Hisdegard von Bingen. Miniatur aus dem Rupertsberger Codex des Liber Scivias.
Wikimedia.
Á la suite de la chronique de Monseigneur Renaud de Dinechin “Pourquoi les femmes ne peuvent être prêtres ?”, parue récemment dans le journal Paris Notre Dame, Alice Chablis et Maud Amandier, auteures du Déni, une enquête sur l’Eglise et l’égalité des sexes, (éditions Bayard), réagissent. Voici successivement la chronique, puis leur réponse.
Pourquoi les femmes ne peuvent être prêtres ?
Une question que me posent souvent des jeunes. Avec le sentiment d’une injustice. Une collégienne m’a d’ailleurs exprimé la colère qui la traverse parfois [ : « Je suis parfois en colère contre le Seigneur et je n’ai pas envie de prier. Par exemple je ne comprends pas pourquoi les femmes ont une place si minoritaire dans l’Église. Elles ne peuvent pas être prêtre au même titre que les hommes et dans ma paroisse une fille ne peut pas être enfant de chœur »].
De fait les femmes ne peuvent être prêtre. Est-ce le signe d’une inégalité ? Non. Pour autant, ce n’est pas confortable à vivre, pour la femme comme pour l’homme. De part et d’autre, le soupçon, ou l’instinct de domination sont rapides pour faire de ce mystère un conflit de pouvoir.
Jésus accepte qu’on lui donne le titre d’Époux. Car il aime l’humanité, son épouse. A l’autel, le prêtre tient la place du Christ Époux. La femme est visage de l’Église Épouse. On est dans le registre symbolique. Au cœur de la Bible, le Cantique des cantiques initie le croyant au registre symbolique : la présence du bien-aimé et la présence de la bien-aimée.
Certaines paroisses ont la bonne intuition, en proposant à des jeunes filles un véritable service liturgique ; tout comme les garçons servent à l’autel. Une lycéenne témoignait de ce qu’elle recevait dans ce service liturgique : « Dans le groupe des servantes de l’assemblée j’ai pu trouver toutes les réponses à mes questions. Non seulement j’ai mieux compris ce qu’être femme signifie mais aussi comment Dieu veut que je le serve. Lorsque j’étais plus jeune je ne comprenais pas pourquoi je ne pouvais pas être enfant de chœur comme mes frères. Peu à peu j’ai compris que nous n’étions pas là pour servir de la même manière, sans pour autant être inférieures ! – elle ajoutait – C’est dans la prière silencieuse, dans le plus profond de mon cœur que je serai pleinement satisfaite ».
L’Église est-elle misogyne ? Ses membres le sont parfois. Mais l’Église, quand elle réserve le sacerdoce aux hommes, se situe sur un autre registre. Dans ce registre symbolique, une différence est manifestée, mais l’égalité entre la femme et l’homme n’est pas ambigüe. « Il est grand le mystère de la foi ! » s’écrie St Paul qui ajoute : « je le dis en pensant au mystère du Christ et de l’Église ! »
L’évêque rapporte deux paroles de collégiennes avec les mots typiques d’un homme qui voit les femmes et les filles en fonction de stéréotypes de genre bien marqués et bien « catholiques” : la première a le « sentiment » d’une injustice et se met en « colère ». Et pour couronner le tout, elle n’a « pas envie de prier ». Mauvaise pente, c’est une petite Eve en germe qui revendique, s’énerve et s’écarte de Dieu.
 Il fait ensuite parler une autre collégienne. Le vocabulaire qu’elle utilise est un concentré des qualités magistérielles attribuées à Marie : elle est dans le groupe des « servantes », elle a compris ce qu’ »être femme signifie », et ce que « Dieu veut » pour elle. Elle est différente de ses frères, elle va servir autrement, elle n’est pas « inférieure », et comme Marie, sa prière est « silencieuse, dans le plus profond de [son] cœur ». Ainsi sera-t-elle “pleinement satisfaite”. Ce ne sont pas des paroles d’enfants, mais c’est le portrait de Marie tel que les clercs l’ont pensé : silencieuse, servante et obéissante. C’est l’attitude attendue des femmes dans l’Église, mais aussi, selon l’évêque, des petites filles qui doivent l’intérioriser rapidement. D’Eve à Marie, voilà comment l’évêque fabrique et entretient des stéréotypes de genre et formate les filles avant qu’elles ne deviennent des femmes libres (ou pour quelles ne le deviennent pas ?).
Il va plus loin : “De fait les femmes ne peuvent être prêtre. Est-ce le signe d’une inégalité ? Non”. Dire non, c’est, avant même de réfléchir à la question, poser un interdit, un principe, une loi. En effet, c’est une loi de l’Église qui s’énonce dans le Droit canon : “Seul un homme baptisé reçoit validement l’ordination sacrée” (Canon 1024). Cette loi discrimine clairement les femmes : même baptisées, elles sont exclues de “ l’ordination sacrée”. Elle institue une inégalité de fait dans la possibilité d’accéder aux différentes fonctions dans l’Église en raison du sexe. Il s’agit bien d’inégalité et d’injustice.
Renaud de Dinechin reprend l’argumentaire des papes pour mieux dévaloriser cette question de l’accès des femmes au sacerdoce : « De part et d’autre, le soupçon, ou l’instinct de domination sont rapides pour faire de ce mystère un conflit de pouvoir ». Cette question qu’il qualifie de « mystère » révélerait “le soupçon et l’instinct de domination” chez qui ? Chez les femmes ? La collégienne qui pose la question serait donc à l’origine de ces mauvais sentiments qui peuvent entraîner l’homme dans “un conflit”. Pourtant il y a bien des pouvoirs concrets liés au sacerdoce que sont la célébration des sacrements, l’interprétation de la parole et la gouvernance. Mais l’évêque les passe sous silence.
Les femmes qui constatent cette inégalité montreraient donc leur volonté de pouvoir, un piège qui fait taire nombre de femmes de bonne volonté. Ceux qui exercent le vrai pouvoir réagissent en accusant les autres de le vouloir. Belle manipulation. Ainsi Benoît XVI, à la suite de Jean-Paul II, reprend cette interprétation : “Ces dernières années, on a vu s’affirmer des tendances nouvelles pour affronter la question de la femme. Une première tendance souligne fortement la condition de subordination de la femme, dans le but de susciter une attitude de contestation. La femme, pour être elle-même, s’érige en rivale de l’homme. Aux abus de pouvoir, elle répond par une stratégie de recherche du pouvoir” (Lettre aux évêques sur la collaboration de la femme et de l’homme dans le monde, 2004). Les papes prêtent aux femmes de mauvaises intentions, en les accusant de se positionner dans la rivalité pour défendre leur pouvoir. Ils refusent de voir que la demande des femmes est une simple question d’équité.
L’évêque poursuit : “Jésus accepte qu’on lui donne le titre d’Époux. Car il aime l’humanité, son épouse. Á l’autel, le prêtre tient la place du Christ Époux. La femme est visage de l’Église Épouse. On est dans le registre symbolique.” L’utilisation de la métaphore du mariage amène de la confusion. Jésus lui-même ne s’est jamais donné le titre d’époux et n’a jamais parlé de l’Église épouse. Le Cantique des cantiques auquel se réfère l’évêque est un poème sur le désir. En réalité la comparaison du Christ époux et de l’Église (femme) épouse vient de l’épitre aux Éphésiens qui se réfère à la conception patriarcale du mariage au temps de saint Paul où la femme est soumise à son mari. “Époux, épouse”, l’évêque dit utiliser “le registre symbolique”. Le Christ est donc l’époux de l’humanité, de l’Église et l’Église a le visage de “la” femme. La femme serait le symbole de l’Église. Quel est le sens de ces images ? Jésus n’a pas laissé ce signe de l’Époux, mais celui du pain partagé et du don de sa parole et il ne rencontre pas les personnes en fonction de leur sexe.  
Que seuls les hommes puissent être ordonnés n’est pas un mystère mais une loi androcentrée qui crée de l’injustice et un appauvrissement de l’Église. Dire que c’est un mystère est un abus de langage qui masque le pouvoir que se sont octroyés les hommes d’Église. Le seul mystère, c’est celui de la foi en Jésus ressuscité, dont il a confié l’annonce aux femmes, au matin de Pâques.
Alice Chablis et Maud Amandier

Les vacances sont finies....


Finies les vacances ?
Attends. Tu es toujours en vacances. Tu ne crois pas que tu exagères ?

Peut-être, il est bien vrai que la retraite semble à beaucoup  un long temps de vacances  qui   nous positionnerait en "vacances" de la vraie vie, hors du tohu bohu du travail de son stress, de ses blessures, mais aussi de ses victoires de toutes sortes. 
En fait ce n'est qu'une "illusion" d'optique. Le stress, les blessures, les victoires nous les vivons par personnes interposées , par nos enfants par tous ceux que nous aimons par le remous du monde. Et quelques fois les blessures sont plus cruellement ressenties qu'elles ne le sont par celui ou celle à qui elles ont été infligées car vécues dans l'impuissance. 

Que dire de ce temps de vacances ?
Riche de tendresse, de rencontres.
Des petits enfants merveilleux. Des enfants.... parents....LA VIE. 
Pauvre sur le plan intellectuel, temps de "jachère" . 
Temps de l'effroi aussi  à la lecture de l'actualité.  Temps de peurs incontrôlées. 
ça bouge et craque de tous les côtés, impuissance, difficulté à comprendre.

Les chrétiens d'Orient : 

https://m.youtube.com/watch?v=xsWoPGYZpGA&feature=em-subs_digest



Que faire ? 
-Interrogé via internet, notre Evêque me dit  :

"Comme me disent mes amis d'Irak, de Syrie, du Liban, de palestine, d'Egypte... c'est "tellement important de savoir votre soutien spirituel et matériel... j'essaie d'encourager un "soutien à Bethleem, y compris via le Carmel qui reçoit tout le monde, y compris bien sûr les "musulmans."
-Un ami me conseille "L'oeuvre de l'Orient" :

Fondée en 1856 par des laïcs, professeurs en Sorbonne, l’Œuvre d’Orient est la seule association française entièrement consacrée à l’aide aux chrétiens d’Orient. Œuvre d’Église, elle est placée sous la protection de l’Archevêque de Paris.
Grâce à ses 100 000 donateurs, elle soutient l’action des évêques et des prêtres d’une douzaine d’Églises orientales catholiques et de plus de60 congrégations religieuses qui interviennent auprès de tous, sans considération d’appartenance religieuse.
L’Œuvre  se concentre sur 3 missions -- éducation, soins et aide sociale, action pastorale -- dans 23 pays, notamment au Moyen-Orient. Son action s’inscrit dans la durée mais son organisation et ses contacts sur le terrain lui permettent une très grande réactivité en cas d’événements dramatiques.
Faire mieux connaître les chrétiens d’Orient, témoigner de leurs difficultés auprès de tous est également au cœur de ses missions. Son rôle est essentiel dans ces régions du monde où les chrétiens sont souvent considérés comme des « citoyens de seconde classe ».

C'est un peu le sou de la veuve, mais c'est mieux que rien. 
Temps  de vacances, mais pas temps d'absence. 

Etre artisan de Paix. 

-Un livre qui me fait du bien,  acheté dans la petite librairie " les petits papiers" de la rue Dessoles : "Je n'ai plus peur" de Jean-Claude Guillebaud.....

Ce soir un concert dans la cathédrale , un organiste voisin.... 
"La beauté sauvera le monde". Célèbre phrase du prince Michtine dans l'Idiot de Dostoïevski , reprise par J.C. Guillebaud. 
Ce soir : une heure de beauté.

A bientôt. 




lundi 26 mai 2014

Un dimanche qui compte.....

Ce dimanche 25 Mai : - Elections européennes - Fête des Mères, Election en Ukraine, le Pape François "père de la paix " en Israël.


Elections européennes :  de 8 heures à 18 heures .

SOMBRE DIMANCHE....Il pleut, c'est gris et froid. Retour en hiver, j'ai remis un peu de chauffage, mes vieux os ont mal.

Résultats en France : 

Grosse gueule de bois,ce dimanche 25 mai 2014 le vin était trop mauvais je n’ai pu le supporter. 
Pardonnez moi, je crains à l’avenir d’être un mauvais convive dans cette France que je ne reconnais plus.
J’ai presque envie d’écrie s’il vous plaît ne m’invitez plus ! 
Mais non je suis, ici, chez moi, il me faut donc prendre la dimension du désastre, assumer et combattre. 

Ils ont bien fait leur travail les fossoyeurs de l’espérance, nos chers journalistes que j’ai vu choqués et comme anesthésiés hier au soir sur les antennes . 
Ils ont bien travaillé à coup de petites phrases assassines , rien d’autre que touches de fard posé sur la morbide pâleur de leur manque de vision et de générosité, de leur inintelligence d’un peuple qui souffre prêt à se jeter dans les bras de n’importe quelle « mère » de substitution supposée les comprendre. 
Ils ont bien fait leur travail , nos grands partis de gouvernement empêtrés dans leurs calculs politiciens, dans leurs schémas dépassés., dans leurs scandales lamentables. 
Oui, ils ont bien fait leur travail, le résultat plaide pour ce, oh combien, consciencieux labeur.

Les électeurs ont voulu dire non à Hollande et aux partis et ont par leur abstention, dit non à l’Europe. 

Mais leur abstention est aussi un OUI non assumé à Marine LE PEN et au F.N. 
Un F.N. dont les populismes européens ne veulent même pas tant sous le brushing de Marine on peut détecter de remugles d’antisémitisme et de xénophobie. 
OUI, il y a une véritable xénophobie chez le FN. OUI, il y a de l’antisémitisme. 

Il y a aussi mensonge  quand Monsieur Florian Fillipot parle sur les antennes de LIBERTE retrouvée et évoque 1789. . De quelle LIBERTE retrouvée ? 
Photo du "Parisien du 26/05/2014
L’aurions nous perdue ces dernières années cette liberté, n’avons nous pas été acteur ? L’Europe serait elle une prison ? Que de fantasmes pour ne pas avouer que le seul programme de ce parti est l’exclusion, le retour à une situation anté impossible à gérer et facteur de déclin , et surtout une prise de pouvoir de la nation par un gang nostalgique. 

J’ai mal à ma France .


La fête des Mères : toujours de la tendresse dans ces moments privilégiés que nul ne peut nous enlever,  malgré toutes les tentatives de ceux qui voudraient bien l'annuler dans les écoles.
Que de prétextes fallacieux !!!!!!!

Les élections en Ukraine. Oh temps suspend ton vol. Croisons les doigts pour Porochenko  ce tout nouveau Président qui semble ne pas manquer de poigne. 

Le Pape : je l'aime cet homme, ce pèlerin de la paix qui traverse une mer de dangers...Je l'aime et prie pour lui.
Photo "Le Parisien 26/05/2014



SOMBRE DIMANCHE. 





mercredi 21 mai 2014

Maintenant les temps sont venus pour...... Elisabeth DUFOURCQ

Le 25 Mars 2010 Le Comité de la Jupe faisait paraître un article intitulé   "Fulgurance féminine".

 On pouvait y écouter  Élisabeth Dufourcq, docteur en sciences politiques, ancienne secrétaire d’Etat à la recherche, et auteure d’une magistrale et remarquable « Histoire des chrétiennes, l’autre moitié de l’Evangile. » (Bayard 2008) interviewée par Evelyne Montigny pour le site Croire.com . 
 Interview fulgurante de 15 minutes à consulter sans délai pour alimenter les réflexions personnelles de chacun…
Description :
  1. Pourquoi « l’autre moitié de l’Evangile »? Les femmes ont-elles une autre perception de l’Evangile que les hommes ?
  2. Est ce que le Christianisme aurait pu exister sans les femmes ?
  3. A quel moment de l’histoire, l’institution  devient-elle une affaire d’hommes ?
  4. Vous  évoquez une fulgurance féminine : comment s’exprime-t-elle à travers les siècles ? Pouvez-vous nous donner quelques exemples ?
  5. Est-ce que ce livre a changé quelque chose dans votre façon d’être chrétienne ?

Pourquoi ai je sorti cet article des archives du Comité de la Jupe, pour deux raisons :

1°)Lorsqu'on peut constater ça et là  un retour à certains archaïsmes par soucis d'affirmer  une identité catholique, la crainte du  fondamentalisme s'impose. Or l'histoire nous l'enseigne la femme en est toujours la première victime.

2°)On s'habitue tout doucement à ces rétrécissement d'espace accordé aux femmes dans l'Eglise , on s'y habitue car ils sont indolores et que tant et tant de problèmes interpellant l'Institution   on accepte que les choses soient remises au lendemain. 
Or, il n'en n'est rien, il n'y a pas de "lendemain qui chante" pour la femme catholique, la porte a été fermée par Jean-Paul II. Il ne lui  reste plus que la plume, la parole, et une incroyable patience doublée d'une solide détermination. 


dans ses verts pâturages il m'a fait reposer

"Mais ce que femme veut" dit le dicton, "Dieu le veut" .
Au fait, s'est on penché, un seul moment,  sur la volonté de Dieu  dans ce domaine ? 
Si on lit bien les évangiles, il est rapporté d'incroyables manifestations de familiarité de Jésus à l'égard des femmes, une familiarité totalement réprouvée par les Juifs de son temps et totalement incomprise de ses disciples hommes. D'ailleurs, ils n'ont pas attendu, dès les Actes des Apôtres, elles passent à la trappe.


Aujourd'hui on nous répond une lecture fondamentaliste du choix des 12 apôtres, en oubliant de rappeler que cette lecture d'exclusion concerne uniquement  les femmes, alors qu'elle  n'a ( fort heureusement !!!!!) ni souci de race ou d'identité culturelle. 

 Et dans ses eaux limpides, il m'a désaltérée
12 : quel chiffre magnifique d'universalité : les douze tribus d'Israël ....!!!!!
Serions-nous pauvres femmes exclues de "l'Universalité"?
 Les femmes représentent plus de la moitié des laïcs qui se dévouent dans l'Eglise....Jusqu'à quand serons nous exclues ?
Ecoutez Elisabeth , les femmes doivent se préparer à prendre une relève dans une situation de manque  de prêtres  qui se révélera de plus en plus critique.
  
Lisez :" l'Histoire des chrétiennes - l'autre moitié de l'Evangile". Elisabeth DUFOURQ
 Lisez : "Douze femmes dans la vie de Jésus" d'Anne SOUPA
Lisez :  " Le Déni" de Maud AMANDIER  et Alice CHABLIS  et la très belle préface de Joseph MOINGT 
Lisez : "Ludmila Javorovà -Histoire de la première femme prêtre"
de Suzanne YUNC - Histoire tragique. 
et beaucoup d'autres encore. Nous en reparlerons.

Prenons conscience qu'il peut y avoir une tentation de fondamentalisme dans les religions monothéistes et aussi dans l'Eglise catholique bien sûr, et qu'à chaque fois ce " sont les femmes qui en font les frais".
Eh oui, je me répête.....!!!!!!

Jacqueline Lach-Andreae






(autres renseignements biographiques concernant Elisabeth DUFOURQ ici )

vendredi 2 mai 2014

Ils ont été canonisés ! Qui ? Angelo et Karol ? Jean vingt troisième du nom et Jean-Paul deuxième du nom ? Qui en fait ?




« Jusqu’où ira la papolâtrie de mon Eglise ?»  me suis je subitement interrogée, un peu interdite par la mise en scène de la canonisation de  Jean XXIII et Jean-Paul II .  
Une grande fête ! Ils étaient tous là  « puissants et misérables »,  les cardinaux  en un  impeccable défilé, les hauts dignitaires de nos Etats, la  foule en liesse attendrissante de foi et de bonheur.
 Les camera se gorgeaient d’images de beauté, le Vatican n’a pas son pareil !

La qualité de ses deux personnes n’est pas en cause. Chacun a beaucoup apporté à l’Eglise et au monde, chacun a eu le courage de secouer la lourde « fabrique » , nous ne pouvons que les en remercier et les montrer en exemple.
Mais pourquoi les canoniser sous leur nom de Pape, donc de célébrer leur éminent ministère   au sommet de la hiérarchie magistérielle et non pas sous leur simple prénom,  celui reçu au baptême, le prénom choisi par leurs parents ? 
J’eusse tellement mieux aimé fêter Saint Angelo Roncalli ou Karol Wojtyla plutôt que le Pape Jean XXIII ou le Pape Jean-Paul II !

Parce qu’ils se sont illustrés dans leur mission  me répondrez vous !

 Certes, mais au cœur du Pape Jean XXIII n’était ce pas le petit Angelo qui veillait ?   Le petit paysan d’une Italie si  pauvre que  le seul espoir pour un lendemain  meilleur était  l’émigration vers l’Amérique ?
Jean XXIII aurait il été ce qu’il a été,  si le regard d’Angelo n’entretenait pas la flamme de charité et de bienveillance du regard   et la foi  têtue dans la capacité des hommes à construire le bien malgré toutes les injustices et les malheurs dont il a été le témoin ?
Jean-Paul II aurait il été la bourrasque d’énergie qu’il a été  si le petit Karol Wojtyla venu de sa lointaine Pologne n’avait pas apporté avec lui, la foi têtue et résistante construite par  toutes les souffrances des pays de l’Est, martyrs du communisme ?

Nous sommes tous les enfants de notre enfance, de ces regards innocents portés sur le monde et les adultes qui nous entouraient, de la foi dans notre baptême, de l’incroyable présence à la grâce dont seuls les enfants sont capables.

En fêtant Angelo ou Karol c’est aussi leur mère, leur père, leurs frères et sœurs, toute cette fratrie si importante qu’on aurait fêtés.  C’est la pâte humaine avec toutes ses grandeurs et ses faiblesses, ses espoirs et ses désillusions mais surtout avec au cœur comme un noyau indestructible, la foi dans le Ressuscité qui ouvre tout l’être à l’Autre, à l’Homme.
En fêtant Angelo et Karol ce sont nos frères dans l’Espérance que nous aurions ajoutés à notre litanie et non des princes de l’Eglise-Institution.

Comme un rappel , ce dimanche là, chez moi  à la cathédrale, on célébrait la messe des déportés. La messe du souvenir des hommes de souffrance. L’Evêque a parlé de partage, de pardon, de miséricorde, d’espérance.
On y a partagé le pain, ce pain qui a tant manqué dans la jeunesse d’Angelo, on y vécu la liberté du passage de la mort à la vie , cette liberté « dans  les fers » dans la jeunesse de Karol, on y a pratiqué la modestie  On y a célébré Jésus-Christ .
NON je ne boude pas le plaisir de la fête de mon Eglise dans ces canonisations de Papes, mais , je vous l'avoue,  ces enfants que je fête, sans eux, qu'auraient été ces Papes ? 

mardi 4 mars 2014

Le 8 Mars « Journée Internationale de la Femme ».



 
Faut il se réjouir de cette journée spéciale ou ressentir comme une gêne de voir la Femme fêtée,  à part,  alors qu’en France, elle œuvre à égalité (  ou presque )  tout au long de l’année avec son « compagnon »  dans les grandes et petites responsabilités de la vie ?

C’est une bonne question que les avancées de la condition féminine en occident nous invitent à poser.  Mais c’est aussi une question qui nous invite à nous pencher sur le passé de la condition féminine et le silence qui y était attaché.
L’Histoire est une bonne « maîtresse de vie ». 
Michelle PERROT *  dans son ouvrage «  Mon histoire des femmes » raconte ainsi  son parcours d’historienne de la femme.  « Une histoire « sans les femmes » semble impossible. Pourtant, elle n’a pas toujours existé. Du moins au sens collectif du terme : pas seulement des biographies, des vies de femmes, mais les femmes dans leur ensemble, et dans la longue durée.  Elle est relativement récente,  en gros, elle a trente ans. Pourquoi cela ?
Pourquoi ce silence ? Et comment s’est-il dissipé ? (…)


A l’aide d’une histoire personnelle et vraiment banale je vous invite à refaire ce parcours. Cette histoire d’une évolution vertigineuse c’est la mienne, celle de la petite fille de la photo datée de 1946.
La France se reconstruisait, ses ruines écrivaient l'espérance et gardaient dans le silence du coeur la dure leçon de la guerre.
J'avais cinq ans, des petites chaussettes tricotées à la maison et mon petit chien,   au poil raide et de grande bâtardise, faisait ma joie.


Ma mère, « femme au foyer » se battait pour offrir un quotidien agréable, elle venait tout juste de pouvoir voter. Son éducation, le poids des jours sombres de la guerre ne lui avaient guère donné le désir  de  réclamer ce droit, pourtant pour elle ce fut comme un avènement, celui de devenir une vraie  personne. Aux conseils de mon père sur le choix de vote, elle répondait avec un sourire que c’était « son affaire ».

Bien sûr le Code Civil en faisait, alors,  toujours une mineure incapable, sous la responsabilité du mari, ne pouvant disposer librement des biens de la communauté,  mais lui reconnaissait depuis 1907 de pouvoir disposer de son  salaire et en 1938 de contracter ou agir en justice  sans  autorisation maritale.

Cette année ma mère aurait eu 100 ans.  Entre ses 32 ans où avec une indicible fierté elle a voté pour   la première fois et aujourd’hui se sont  produits en France  la plus formidable émancipation des femmes et les plus grands bouleversements du droit de la famille que l’histoire ait enregistrés. 
Si on y regarde bien ce sont aussi de  très grands combats réussis dans la lutte contre les discriminations sexistes et sexuelles.

De l’évolution du droit de la famille,  à  la révision constitutionnelle du  8 Juillet 1999 qui ajoute à l’article 3 de la Constitution de 1958 la disposition suivante « la loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives » et prévoit que les partis doivent « contribuer à la mise en œuvre de ce principe », c’est tout un train de lois qui transforme le paysage politique et social du pays :
·      la loi (6 juin 2000)  sur la parité en politique qui module l’aide publique aux partis politiques en fonction de leur respect de l’application de la parité pour la présentation des candidats aux élections et
·      : la loi Génisson (9 mai 2001)   sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes qui se poursuit dans une direction amorcée par la loi Roudy du 13 juillet 1983.

C’est aussi un autre  visage de la femme qui se révèle. Elle n’est plus dans le silence et sous le voile  de l’Histoire comme le dit Michelle PERROT, elle en est pleinement « acteur ».

Si je devais écrire une lettre ouverte à  ma petite fille, je lui rappellerais ce cheminement. Tout lui paraît aujourd’hui facile, évident. Et portant, toute évolution peut connaître des mouvements de balancier. Demain peut se révéler moins généreux à l’égard des femmes que ne le furent hier et comme l'est aujourd’hui si nous ne nous en sentons pas responsables.

Fêtons cette journée spéciale pour les femmes, pour se souvenir, pour prendre conscience, prendre position et s’engager,  pas seulement  pour soi, mais pour tous ceux et toutes celles qui n’ont pas encore le bonheur de vivre notre  liberté.

samedi 22 février 2014

Ils sont au pouvoir, elles sont au service - LE DENI - enquête sur l'Eglise catholique et l'égalité des sexes.


LE DENI : Quelle bombe.....
Quel bonheur !!!!!!
Si j'osais, si j'osais, si j'osais...


Appuyés sur l'épaule si fraternellement humaine de Jésus,    nous allons oser Canard.  Nous allons  oser écrire ce que nous  pensons depuis si longtemps. nous déclinerons   en couleurs, en notes de musique , le drame-liturgie de la femme catholique  du XXème siècle devant les puissants de l'Eglise catholique tétanisés à l'idée qu'il faudrait faire quelque chose pour cette  "émancipée" qui ose réclamer une place sur le forum des idées et les  gradins du pouvoir de l'Eglise romaine.
Ce n'est pas facile de convaincre, il faut des images fortes, pourquoi ne pas user  du  parallèle entre la comparution de Jésus devant Pilate, procurateur de Judée,  bien embarrassé de devoir le juger et le cas de la femme occidentale catholique  devant l'héritier du trône de Pierre  ?
Des femmes qui osent dire :  nous sommes en tout l'égale de l'homme et toute "fabrication théologique en dehors des textes évangéliques et des gestes de Jésus le Christ " est une discrimination sexiste dont le but est de les évincer du sacerdoce ordonné car c'est là que réside tout le pouvoir de juger, d'enseigner, de parler...."
Osé, Canard, oui c'est vraiment  osé. "Ils" ne vont pas aimer., car ils ont tout construit à partir du Patriarcat et la domination de la femme.

Cette femme, Canard, tu vas la "camper" presque nue sous son manteau rouge du sang qui a fait si longtemps d'elle une impure..., tu lui mettras une couronne d'épines durement enfoncée sur son opulente  chevelure si longtemps considérée comme le symbole de sa séduction, elle sera debout et silencieuse. Qu'opposer au représentant du pouvoir , si ce n'est ce silence que l'Apôtre  Paul dans l'épître à Timothée prescrit : " "Pendant l'instruction, la femme doit garder le silence en toute soumission. Je ne permets pas à la femme d'enseigner, ni de dominer l'homme".
C'est cela  Canard, campe la silencieuse, mais dessine lui  un regard qui voit loin, plus loin que les limites de ce tribunal . Un regard habité, accompagné, presque hypnotique à force d'être nié dans sa vérité.    Un regard qui ne juge pas, ne condamne pas  et pourtant interroge "Pourquoi ?" Pourquoi faire de notre "soumission-sacrifice de soi"  le marche-pieds de votre pouvoir ? Pourquoi, vous qui êtes nos frères, nos pères, nos fils, nos neveux ?

En face d'elle, si peu sûr de Lui dans la violence de ses condamnations, tu dessineras le "PUISSANT", le symbole de toute cette hiérarchie monarchique, le "César catholique".
Une sorte de Pilate malmené par la curie, les lobbies, bref tout ce qui ne peut vivre et s'épanouir en dehors de "l'entre-soi de la tradition". Attache-toi Canard à lui donner cette fragilité dévorante que donne le pouvoir.  Une fragilité qui doit tout à l'humilité de sa bonne conscience et aux chaînes   du système "Nous avons une Loi, et selon cette loi ....."
Dessine le dans son trouble et son désarroi, et place tout à côté de Lui les écrits de ses prédécesseurs. Que faire quand on ne sait que décider  si ce n'est  s'en remettre aux autres...à ceux qui ont déjà tranché.
Nous avons vu comme en un  cauchemar , tout à côté de Jésus, nous avons vu, oui de nos yeux vu, cette femme toute de rouge vêtue couronnée d'épines, qui traînait  la chaîne aux pieds.









Note 
L'historienne Elisabeth Dufourcq souligne que "quatre-vingts générations de femmes se sont succédé sans qu'on leur ait jamais demandé leur avis. La pensée du Magistère sur elles est exclusivement masculine et il n'a pas été permis aux femmes catholiques d'écrire sur elles-mêmes, encore moins d'écrire sur les hommes.  Ces écrits pourtant déterminent leur condition. "