jeudi 18 avril 2013

Allons, Jacqueline, il faut être réaliste.....






La lutte contre les discriminations dans l’Eglise,   quelles soient sexistes ou concernent les pratiques sexuelles,  est un de mes combats. Nous sommes nombreux et nombreuses sur le front.                                                                                                                                                                                                                   Mais je vais plus loin que beaucoup et demande l’annulation de l’empêchement au sacrement de l’ordination pour les femmes.

« Allons, Jacqueline, il faut être réaliste »-  me répond une amie -  « demander la prêtrise est donner des verges pour se faire battre » !

Peut-être ! Certes,  le sujet n’est pas facile et sujet à controverses pour ne pas dire appel à  sanctions.
Mais je suis une femme réaliste, très ancrée dans le monde  et  je maintiens mon appel.
La vie m’a conduite avec une verge de fer .


Lorsque je croyais tout acquis, je perdais tout et recommençais.

Mais, j’avais affaire à la « fatalité ». On ne peut rien contre la maladie,  on se bat jusqu’au point du jour.  Et soudain  comme un coup de poignard   au cœur, on sait  que la bataille est définitivement perdue.
J’avais affaire à des hommes de chair et d’os, des hommes de pouvoir, qui portaient beau et tapaient fort, mais savaient bien que leurs chevilles étaient d’argile.
J’avais affaire à des femmes qui en  voulaient et le montraient. Cruelles parfois, mais terriblement humaines et courageuses.
J’avais affaire à un monde vivant  pétri d’illusions de  puissance,  de grandeurs, de générosités, de faiblesses et de mensonges.  J’avais affaire à quelque chose de connu, quelque chose qui me ressemble.

Dans le combat pour la suppression de la discrimination sexiste dans l’Eglise, nous ne sommes pas dans le même registre, nous ne sommes pas dans le même monde.

En effet, nous sommes ici placés devant un  vol, un rapt du sacré et une appropriation de La Parole par un seul sexe au détriment de l’Autre.

Et même si dans le fonds de leur cœur nos Ministres sacrés,  comme ils aiment à s’appeler, savent qu’il faut « faire quelque chose » parce que cette injustice à l’égard des femmes est devenue trop intolérable  à nos mentalités modernes, changer serait avouer.
Avouer  le montage savant  élaboré et  colporté de siècles en siècles sur la nature bien particulière et complémentaire de la femme aux fins de la contenir dans des rôles subalternes.  Un monde à niveaux, un monde où chacun selon son sexe prend la place désignée à l’avance.

Et cela,  comment pourraient ils  publiquement l’avouer aux consciences frileuses de notre catholicisme d’aujourd’hui    ?

Je comprends leur problème.

Le rapt du sacré, s’est fait tout simplement.  Le sacré  était une part du pouvoir transmis par l’imposition des mains.

La femme appartenait au mari, au père,  au clan. Sa mission était de donner des fils.  Noble mission dans un monde où  les morts en couches et la mortalité infantile  étaient si fortes  qu’on aurait pu croire à une guerre.

Comment aurait on pu  transmettre un pouvoir par l’imposition des mains à une personne appelée  à toujours être sujet d’une autre,  sans liberté du corps et de conscience  de la naissance à la tombe ? Pourtant que de martyrs féminins. Que de saintes. Que d’amour chez ces femmes.

Comment revenir sur tout cela et dire «  Cette époque est terminée, maintenant, nous sommes appelés à vivre autre chose à égalité de droit et de devoir » ?

Seul l’Esprit Saint peut donner  à nos Ministres, le courage de Pierre et de Paul, pour abattre les vieilles lois gravées dans la pierre de la Tradition et écrire dans la chair une nouvelle loi.
Vitrail d'Arnaud de Molles
Sainte Marie d'Auch
Adam et Eve
La loi éternelle de  la « Génèse », « homme et femme Il les fit à égalité de responsabilité et de droit. »

Ils accepteront plus facilement la reconnaissance de l’homosexualité que l’entrée  du  féminin dans  la sphère sacrée. Le sexe féminin, cet inconnu, cette fascination et ce dégoût !
Des femmes ? Oui, mais contrôlées, limitées, soumises.

Alors que faire pour se faire entendre ?
Je crois qu’il faut être « droit dans ses bottes », parler vrai et  sans crainte. Dire à temps et contre temps ce que l’on veut. Même si cela nous condamne à être rejetées.
 Autrefois on mettait les insoumises  dans les geôles  ou sur le bûcher comme Marguerite Porette brûlée le 1er Juin 1310 avec son livre « Le Miroir des âmes simples et anéanties ».(1)
Aujourd’hui on les pousse doucement dans le placard de la « non-existence ».

Je sais, nos demandes ne seront vraiment entendues que lorsqu’on aura un impérieux besoin de nous. Ce sera long, très long, et ce d’autant plus long que les femmes n’auront pas le courage d’apporter à l’Eglise une vraie parole de femme.

Dans ce temps de patience,  il nous faut des femmes qui brûlent,  écrivent, font des films, peignent, composent. Il nous faut  des artistes, des cœurs qui inventent de nouveaux gestes de l’amour de l’Autre et s’imposent dans l’Eglise. Il nous faut des amoureuses du Christ qui n’ont pas  peur  de sortir du cadre des conventions et de le faire savoir  comme nos valeureuses religieuses américaines.

Oublions le service de la servante, pour enfin entrer dans le service de la créatrice, la seule vraie servante, celle qui par un geste de transgression, que nulle mémoire ne peut oublier,  oint les pieds du Seigneur et se sert pour les essuyer  du plus parlant des symboles de la féminité, sa chevelure. (2)

La création est prophétique, elle oublie prudence, calculs et petits arrangements Ne soyons pas les éternelles « aides » à une institution  à bout de souffle. Soyons  les réceptacles obéissants  de l’Esprit créateur.
.
jacqueline LACH-ANDREAE

AVitrail d'Arnaud de Molles - Cathédrale Sainte Marie d'Auch
Jésus ressuscité Thomas : l'incrudilité
Marie de Magdala : l'amour inconditionnel.

Notes :
 Cette béguine mystique et très savante, avait pour tout hérésie de prétendre vivre son amour du Christ dans la liberté, sans se référer à une règle ecclésiastique .

2 –Mc 14,3-9 ; Mt 26,6-13 ; Jn 12,1-8 ;  Lc 7,36-38
3731 caractères.

samedi 6 avril 2013

Lettre à ma petite fille,



Mon petit bouton de rose. Si jolie, si fragile et si forte.
Petit cheval courageux comme le fut ta mère et peut-être comme  je le fus à ton âge  ainsi que semble l'avouer une photo prise dans la rue comme cela se faisait à mon époque avare de clichés familiaux spontanés.
Pas décidé des petites filles à qui le monde appartient.

Il n'est pas si simple à tenir ce pas, ma chérie. Oh non...Mais il te faut garder ce pas de conquérante. Toujours ! Jusqu'au jour de ta mort, car vois tu , ils seront nombreux à vouloir t'engager dans d'improbables impasses....
Mets ton GPS en action et ne le quitte pas d'un instant.

Je pourrais t'écrire sur les études, les choix à faire, ceux qu'il faut éviter. Les amours, les mensonges, les trahisons et les îles de bonheur si belles qu'on croit les avoir au Ciel volées.
Je pourrais t'écrire tout cela.

Mais ce soir, penchée sur mon clavier, je voudrais te parler de Dieu et de ceux qui en parlent.

De Dieu, je n'ai rien à te dire, je vois son amitié dans tes yeux. Je vois que tu comprends de l'intérieur. Je sens en Toi sa présence. Et j'ai la plus grande des confiances. C'est une amitié qui ne nous quitte jamais. Oh des infidélités, il y en aura, mais, vois tu,  elles seront de ton fait. Lui ne te quittera jamais, même lorsque tu l'accuseras d'être muet.
Lorsque dans l'enfance cette amitié naît d'un rien, sans raisonnement, comme naît le printemps, il ne faut pas avoir peur, c'est pour toujours, c'est qu'il a versé dans ton coeur l'élixir du bonheur.

Non, je voudrais te parler des autres, ceux qui le servent et font tout pour qu'on arrive à croire qu'ils le possèdent.
Tu ris ! On ne peut posséder Dieu!
Bien sûr que NON!  Pourtant certains font semblant de le croire, il faut faire ceci, il ne faut pas  faire cela, les filles ne doivent pas être servants d'autel, les femmes  doivent se taire comme la Vierge Marie qui garde tout en son coeur. Les femmes ne peuvent être ordonnées.
Oui da, et dans le même temps qu'ils disent doctement qu'être ordonné  c'est "SERVICE" (et c'est vrai!) , ils tiennent toutes les manettes et en excluent d'office les filles !

OUI, Ils te diront souvent  : Tais toi.
 Il faut seulement laisser parler ceux qui sans vergogne se posaient  déjà la question " lequel d'entre eux pouvait être le plus grand ? Luc 9,46- Mt 18,1-5 Mc 9,33-37.
Imagine : marcher aux côtés de Jésus et se poser la question " Qui est le plus grand "!!! .....
Le monde des hommes! Le monde du pouvoir! Jusque dans les choses les plus simples et les plus intimes,  ils mettent une petite dose de pouvoir.

Une fille se poserait la question, qui est la plus belle....Et on peut être belle de mille façons, avec son corps, son âme, son intelligence.
Il y eut de grandes beautés aux côtés de Jésus. Ouvre ton Evangile et  suis les. Elles ne font pas de grands discours, on ne laissait pas parler les femmes.
Seul Jésus, au grand dam de ses amis, parlait aux femmes, même à celles qu'il ne connaissait pas, même à l'étrangère-ennemie, la Samaritaine.
Mais lorsqu'elles ont compris qui leur parle ,  elles laissent tout en plan, la cruche, les parfums, pour annoncer la Bonne Nouvelle : Il est le Messie. Il est vivant !!!!!

Je vais te raconter une histoire
Un autre jour, dans un  banquet où elle ne devait pas être, Marie "s'incruste"? Scandale parmi les invités . Elle "prend  alors une livre d'un parfum de nard pur de grand prix,  et oing  les pieds de Jésus, les essuie avec ses cheveux et la maison en est toute parfumée ". Oh la bonne odeur de l'amour !!!

Elle met au service de son amour la beauté de sa chevelure pour essuyer les pieds fatigués de Jésus  qu'elle a  enduits d'un parfum de grand prix !!!!!!

Ce ne sont pas les gars du pouvoir qui auraient pensé à une chose pareille. D'ailleurs ils ont critiqué :
"Pourquoi n'a-t-on pas vendu ce parfum trois cents deniers pour les donner aux pauvres ?"
Eh oui, ces gens là sont quelques fois limités. La gratuité de l'amour fou, ils ne connaissent pas.

Alors ma petite fille, sois libre, vraiment libre. Ecoute ton coeur.
Ils ne voudront pas de toi pour le service de l'autel, tant pis. Qu'ils se le gardent.
Ils ne voudront pas de toi pour le sacerdoce, une femme, vous pensez  !!!! tant pis qu'ils se le gardent.

Jésus est ailleurs, il est tout au coeur de nos vies. Et il répète aux bornés " En vérité, je vous le déclare, partout où sera proclamé l'Evangile dans le monde entier, on racontera aussi, en souvenir d'elle, ce qu'elle a fait". ( Marc 14,9)

Juste un petit mot pour la route .
 Le matin , alors que les hommes se terraient, apeurés - à juste titre, il faut bien le dire - les femmes sont allées au tombeau. Elles voulaient rendre les derniers soins au corps de Jésus , ceux de l'embaumement.
OUCH !  La pierre était roulée, le tombeau était vide .... Seul une sorte de jardinier  qui l'a appelée "Marie". A son nom elle l'a reconnu :  Rabbouni" !!!!!

Laisse toi appeler par ton nom et librement cours vers les autres pour leur dire"
Il est vivant, je l'ai rencontré.
Sois libre et sans peur ma fille.
Le Seigneur n'a rien à faire de petites poulettes de basse-cour, il aime les grands oiseaux migrateurs qui sillonnent le ciel.
Ecoute ton coeur. Garde ton pas conquérant.
Mamy.


Printemps....quand tu nous tiens.




Au printemps, au printemps
et mon coeur et ton coeur sont repeints au vin blanc. ( Brel )


Le printemps, c'est connu, n'est pas une saison anodine. Brutale montée de la sève,  fougue des feuilles qui se déploient, couleur qui reprend ses droits, l'air qui  se fait plus sonore et même la pluie qui n'est pas morose.
C'est l'instant du renouveau, l'instant des surprises,  l'instant qui me fait dire,    pince moi que j' y crois  : je suis vivante !

Oui, j'aime le printemps. 
Tous les printemps !  Celui de la nature, le printemps de la politique, le printemps de l'Eglise tout cela rassemblé en un tableau culte , le magnifique"printemps" de Botticelli.

Je m'en souviens , c'était au temps de mon mariage, à Florence au Musée des Offices, le choc.
Mille fois je l'avais contemplé dans les livres d'art. J'en connaissais croyais-je chaque millimètre carré. Non, je ne savais rien de lui, tout juste une évocation  ! A peine sorti des mains des restaurateurs, il explosait, alors,  de couleurs,  de fraîcheur,  de vie et de joie.

Oui, j'aime le printemps.
 Sandro Botticelli Musée des Officies. Florence.

Le printemps en politique ? Un peu pluvieux comme dit le Président.  Un vrai temps d'Avril semé de rafales de vent glacial, de poussées de fièvres dans la rue, du monotone tac tac tac de la pluie dans la gouttière de la crise.
Quand cela s'arrêtera-t-il se lamente-t-on au  coin des cheminées. Une petite flambée ne fait pas de mal à l'heure qui est.
Un printemps de crainte et  d'angoisse du lendemain.
Mais non, mais non c'est quand même le printemps 

Un printemps à mettre des bottes ? Seigneur, un fou dans la lointaine Asie, s'essaie à jouer les terreurs galactiques  et lance  imprécations et  menaces....
Souvenir des années 50, Buck Danny et son bel avion de chasse US Air Force, Miss Susan, Spirou, la tendre  jeunesse.
Enfants, nous y jouions. Assise sur le porte bagage de mon frère, j'étais Miss Susan, la bonne   infirmière. Mon frère me larguais...Parachutée , je partais soigner les blessés dans la jungle.
Un temps de printemps à mettre des bottes de sept lieues pour botter le cul  de cet enfoiré.

Mais si, mais si, je vous le dis c'est le printemps !


Un printemps dans l'Eglise ?  Oui, un tout petit printemps, mais à l'oeil coquin et libéré de componction.  Fraternel et tendre regard  de notre nouvel Evêque de Rome, notre François.
Ah, comme j'aime qu'il abandonne,  un temps, ce titre de pape élevé par certains  au rang d'une formule  d'adoration  à l'idole. " Touche pas à mon Pape "... ETC.
Evêque ! Que dit le Robert ? du latin episcopus du grec  episcopos " surveillant". Je préfère y voir un responsable...
C'est un printemps précoce, attendons un peu...A l'horizon de l'Eglise latine, il arrive un peu tard. Veillons mes soeurs et mes frères. Chez nous tout va lentement. La patience est une vertu catholique.  Mais  réjouissons nous, il y a dans l'air le léger froissement  d'une feuille de fougère qui se déploie.
Oui, j'aime le printemps..

Il y a encore la bise, la pluie lancinante, mais, je vous le dis, je vous l'assure, il y promesse de l'été.
Et pourquoi pas, demain,  la "Naissance de Vénus" dans sa si libre et confiante  nudité.
Ah Sandro que mon âme est ravie !

Au printemps, au printemps,
Et mon coeur et ton coeur sont repeints au vin blanc,
Au printemps, au printemps
 Les amants vont prier notre Dame du Bon Temps.



Sandro Botticelli - musée des Offices à Florence 


jeudi 28 mars 2013

JEUDI-SAINT- 28 Mars 2013- AUCH




Auch, ce soir du 28 Mars 2013.

La France entière écoute le Président de la Républque.

La cathédrale Saint Marie  est à moitié pleine.
Beaucoup de femmes, mais aussi  des hommes jeunes.
Quelques enfants, il n’est que 20h30.

Nous fêtons le dernier repas, l'institution de l'Eucharistie. L'Apôtre Jean s'est souvenu du geste étonnant de Jésus qui, ce soir là,  s'est ceint d'un tablier et a lavé les pieds de ses disciples au grand dam de Pierre...qui ne comprenait pas.
Depuis, le Jeudi Saint, chaque célébrant lave les pieds de quelques personnes. Généralement se sont des hommes.

Les grandes orgues du XVII ème...
Recueillement, simplicité....


Le cortège s’avance , les servants d’autel en tête puis , surprise, des petites filles, des femmes de tous âges, des handicapés et deux hommes.
Tout à l’heure l’Evêque leur lavera les pieds.
Des femmes, des petites filles....

Jamais, je l’atteste, je n’ai vécu cette liturgie avec autant d’émotion, les larmes m’en coulent encore.
Le peuple en son entier, hommes et femmes,  recevait les marques de la tendresse de Dieu penché sur leurs pieds de misère.

Le monde est paralytique , le monde souffre, le Seigneur vient laver nos pieds qui marchent du mauvais pas..
Le monde est violent,  la concurrence est  exacerbée, le Seigneur ceint son tablier de service.

Sur les écrans des maisons de la ville,  un Président cherche à rassurer. La peur étreint les uns et les autres.
Ce soir, Monseigneur Maurice GARDES,  Evêque d’ AUCH nous a donné dans sa cathédrale    un signe puissant  de l’amour du Père.
Par ces quelques femmes, ces petites filles acceptées dans la liturgie il a chassé le refus et   le mépris pour les femmes,  effacé  les mots de dédain lus ces derniers jours  sur le net.

Oubliés les hommes de division qui  s’inquiétaient  que le Pape put laver les pieds d’une femme.
Elle furent deux, dont une jeune musulmane.
Signe encore…..donné au monde cette fois.

L’amour règne sans partage ce soir sur l’Eglise toute entière.
Le Seigneur se fait notre Serviteur, soyons les serviteurs de tous.  Multiplication de petits gestes, de petits signes et la terre entière est rassasiée.


Que la bonté des Hommes est belle !
Que la bonté des Hommes ressemble à Dieu !

Merci Maurice, Merci François.



lundi 25 mars 2013

Lettre ouverte à Monsieur le Ministre de l'Intérieur...




Monsieur le Ministre de l’Intérieur,
Monsieur le Préfet de Police de Paris,
Monsieur le Maire de Paris,




Vous avez si bien fait, qu’une modérée, amie des homos,  qui n’a pas défilé ni la première fois, ni dimanche dernier, prendra le train la troisième fois.

Il y a longtemps, que je n’avais pas vu de violences perpétrées sur des manifestants sans défense et ce n’est pas votre pitoyable prétexte de possibles violences d’extrême droite qui pourraient excuser ce manque criant de démocratie.

Y aurait il donc autant de militants d’extrême droite en France ?
Je suis peut-être naïve, mais je vois surtout sur les photos des gens tout à fait ordinaires ( pardon pour eux ) 

Je ne vous remercie pas,  Messieurs, car la République ne sort pas grandie de ces évènements.
Même si vous les minimisez, aussi petites seraient elles,  ces violences sont en trop.
Je ne vous remercie pas car en fait j’en arrive à avoir honte de mon pays.

Est-ce un crime que ne pas abonder dans le sens de la loi ?
Vous criez à l’homophobie, à quoi devrais je crier ?  A l’intolérance ?   N'ont ils pas le droit de penser différemment ?

Je vous l’ai dit je suis une amie des homo et je pense que vous ne leur rendez pas service.
Faudrait il des blindés pour les protéger ?
Personne ne leur refuse leurs droits, alors que vous refusez d’écouter les opposants à une loi qui n’est pas encore votée et qui pourrait être amendée  lors de son passage au Sénat.
Une loi qui porte des effets que d'aucuns jugent redoutables pour la filiation .

De quoi avez vous donc peur ?
Avez vous peur du Peuple ?
Ne serait il pas de votre compétence que d'aider les gens à s'exprimer dans la liberté et de votre responsabilité de les écouter ?


Jacqueline LACH_ANDREAE

dimanche 24 mars 2013

Quand on se shoot "au Pape"…..




J’ai été heureuse de l’annonce  = «  Habamus Papam » !  
Oui, je pense qu’un Pape est utile. 
Oui je pense que j’aime avoir un Pape,  signe d’unité. Et à ceux qui s’en étonnent compte tenu de mes prises de position, je dis, en reprenant en partie  les paroles de Jean XXIII : Tout dépend de la manière qu’il aura « de faire le pape »

Les « débuts » de ce  pape  me plaisent. Sa façon d’être, le nom choisi,  tout cela  ressemble plus à un envoi en mission  qu’à un début de règne,  au choix résolu d’un « certain esprit de pauvreté et d’humilité ».

Paul VI avait renoncé à la triple tiare, lui renonce à tous les ornements lourds et dorés symbole d’un pouvoir qui rappelle plus l’Empire que notre Jésus le Nazaréen, sur les routes de Galilée ou la rude simplicité de son compagnon Simon baptisé  Cephas.

Les questions fusent, et  si par hasard on les oubliaient,  les articles les imposent : quel François est à l’origine de ce choix?

Le Poverello – le fou de Dieu aux pieds nus – qui a renoncé au luxe de son milieu d’origine pour 
« reconstruire » une Eglise avec les Pauvres ?
Ce Poverello qui n’a pas hésité à embarquer avec frère illuminé de Rieti à Ancone sur un bateau de croisés pour atteindre les côtes égyptiennes à quelques kilomètres de Damiette ?
C’était en Juillet ou Août 1219.  Devant les questions posées par ces campagnes de guerre, il n’hésite pas à aller chez le Sultan pour le rencontrer.
Ou bien Saint François Xavier l’un des fondateurs de l’Ordre des Jésuites avec Ignace de Loyola ; le missionnaire infatigable – Ceylan,  Malacca- Goa ETC ?
Je note surtout son intérêt pour le Japon et la Chine…Ces grandes puissances et pensées d’Orient.

Donc, la question qui est le François choisi  : «  Est-ce le François Xavier, né en Navarre, l’étudiant exilé à Paris pour raisons politiques, fondateur de l’Ordre des jésuites ou bien  François d’Assise, le fondateur de l’ordre des frères mineurs ( Franciscains ) »    est elle vraiment pertinente  ?

Les deux François me conviennent, les deux répondent chacun à sa manière aux demandes de notre temps. Car chez  les deux François , on  note la capacité de dépasser les schémas de pensée  connus pour rejoindre d’autres schémas de pensée  et trouver des points de convergences. Chez les deux, il y a le goût de la « rencontre ».
 Pour annoncer la Bonne Nouvelle, il faut revenir à la simplicité et même à une certaine forme de pauvreté , pour annoncer la Bonne Nouvelle, il faut dépasser les frontières géographiques, les frontières idéologiques, les frontières culturelles, il faut abattre  ces murs élevés pour protéger l’entre-soi.

Donc Merci  au Cardinal Argentin Jorge Bergoglio. Merci d’avoir donné de tels signes.

Mais de grâce, restons calmes  ! La sphère catholique  s'enfièvre. Non ce n’est pas un Pape qui fait l’Eglise, il fait le Pape. C’est tout.
Les questionnements sont toujours présents, les problèmes  à régler aussi… Les moyens que les baptisés auront à se faire entendre seront encore et toujours à l’ordre du jour.
Notre vieux et grand bateau est très lourdement chargé, les commandants à la dunette ne sont pas tous d’accord, qui tient le gouvernail ? Est-ce le Christ ou bien des intérêts masqués, les lobbies entreprenants.....
Comme la barque des disciples, notre lourd  cargo est dans la tempête et  on a parfois l’impression que le Christ somnole.

C’est sa manière : "Prend le gouvernail petit – pas de peur  ! »
«  (Matthieu. 8,23-26)

Nous avons un Pape, Merci.
Tout continue, la tempête est là et les problèmes« crapouillent » dans la cale.
L’actualité déverse toujours ses kgs d’ horreurs , de violence , d’injustice, mais aussi ses ballots  de tendresse, de justice, de dévouement, d’amour , de compassion.
Bref, c’est LA VIE.
Alors ,  ne nous shoottons pas au Pape. Cela ne sert à rien qu’à oublier, à s’oublier  le temps d’un trip.
LA VIE nous attend.

Jacqueline LACH

Matthieu 8,23-26

Il monta dans la barque et ses disciples le suivirent. Et voici qu’il y eut sur la mer une  grande  tempête, au point que la barque allait être recouverte par les vagues . Lui cependant dormait. Ils s’approchèrent et le réveillèrent en disant «  Seigneur, au secours ! Nous périssons ».
Il leur dit : «  Pourquoi avez-vous peur, hommes de peu de foi ? »

samedi 23 mars 2013

Le plus beau fruit de Vatican 2




Le plus beau fruit de Vatican II ne consiste pas en un seul acte de réforme, mais en un changement de paradigme tout entier. 

Depuis le concile Vatican II, terminée pour l’Eglise catholique l’époque de la Contre-Réforme qui voulait restaurer le Moyen Âge, fini le temps de la défensive, de la polémique et de la conquête, malgré toutes les résistances qui persistent justement au centre romain.
C’est une nouvelle époque pleine d’espoir qui commence pour elle : une époque d’un renouveau constructif dans tous les domaines de la vie de l’Eglise, un temps de rencontres empreintes de compréhension et de collaboration avec le reste de la chrétienté, avec les juifs et avec les autres religions, voire avec le monde moderne en général.
Les seize décrets que le concile a adoptés pendant son travail de quatre années sont tous des documents de transition dans l’histoire de l’Eglise, documents dans lesquels jaillit malgré tout un renouveau meilleur. Personne ne pourra contester que l’Eglise post-conciliaire est différente de l’Eglise d’avant le concile !
Dans mes Mémoires, j’ai déjà rendu compte de la plupart des résultats des décrets, en expliquant comment, par exemple avec le Décret sur l’œcuménisme, commence une période œcuménique pour l’Eglise catholique. J’ai expliqué aussi que le concile a accueilli toute une série de préoccupations centrales de la Réforme. Quoi qu’il en soit, les demandes principales de mon livre Concile et retour à l’unité (1961) ont été satisfaites.
  • La prise au sérieux de la réforme en tant qu’événement religieux ;
  • La valorisation de la Bible dans la liturgie, dans la théologie et dans la vie de l’Eglise en général ;
  • La réalisation d’une véritable liturgie pour la communauté des fidèles dans le cas de la prédication et de l’eucharistie ;
  • Une revalorisation du laïcat, dans la liturgie et la vie de la communauté ;
  • L’adaptation de l’Eglise aux différentes cultures et son dialogue avec elles ;
  • La réforme de la piété populaire ;
  • La « réforme » de la curie romaine.
Ce bilan signifiera-t-il que tout se réalisera effectivement ? Vraiment, en ce qui concerne le concile, je n’ai jamais été naïf. Je n’ai pas été saisi d’une euphorie conciliaire, ni avant, ni pendant, ni après le concile. Et j’ai toujours attiré l’attention sur la tension fondamentale entre une Eglise qui pousse à la réforme et une curie qui empêche la réforme, me rendant du coup impopulaire auprès de bien des gens.
Quelles sont donc les « questions non résolues par le concile » ?
  • Le contrôle des naissances sous la responsabilité personnelle ;
  • La solution de la question des mariages mixtes (validité du mariage, éducation des enfants) ;
  • Le célibat des prêtres dans l’Eglise latine ;
  • La réforme structurelle de la curie romaine et de son personnel ;
  • La réforme de la pratique pénitentielle : confession, indulgences, jeûne (vendredi) ;
  • La réforme de la tenue vestimentaire et des titres des prélats ;
  • L’implication des régions concernées à l’occasion de la nomination des évêques ;
  • L’élection du pape par un synode épiscopal qui serait davantage représentatif.
Malgré toutes les déceptions le concile a valu la peine. En effet, où en serions-nous sans ce concile, dans la liturgie, dans la théologie, dans la pastorale, dans l’oecuménisme, dans les relations avec le judaïsme, avec les autres religions du monde, avec le monde sécularisé en général ?
Certes, Vatican II n’a pas été autorisé à faire tout ce qu’il aurait pu faire. Mais il accompli bien davantage que ce que la majorité des gens ont attendu de lui. A l’époque, j’écrivais : «  la concile sera la réalisation d’une grand espérance ou il sera une grande déception. La réalisation d’une petite espérance serait – vu l’état sérieux du monde et les besoins de la chrétienté – une grande déception. ». Encore aujourd’hui, rétrospectivement, après cinquante ans, je peux dire : le concile a été la réalisation d’une grande espérance, malgré toutes ses grandes déceptions.


Hans Küng