lundi 25 mars 2013

Lettre ouverte à Monsieur le Ministre de l'Intérieur...




Monsieur le Ministre de l’Intérieur,
Monsieur le Préfet de Police de Paris,
Monsieur le Maire de Paris,




Vous avez si bien fait, qu’une modérée, amie des homos,  qui n’a pas défilé ni la première fois, ni dimanche dernier, prendra le train la troisième fois.

Il y a longtemps, que je n’avais pas vu de violences perpétrées sur des manifestants sans défense et ce n’est pas votre pitoyable prétexte de possibles violences d’extrême droite qui pourraient excuser ce manque criant de démocratie.

Y aurait il donc autant de militants d’extrême droite en France ?
Je suis peut-être naïve, mais je vois surtout sur les photos des gens tout à fait ordinaires ( pardon pour eux ) 

Je ne vous remercie pas,  Messieurs, car la République ne sort pas grandie de ces évènements.
Même si vous les minimisez, aussi petites seraient elles,  ces violences sont en trop.
Je ne vous remercie pas car en fait j’en arrive à avoir honte de mon pays.

Est-ce un crime que ne pas abonder dans le sens de la loi ?
Vous criez à l’homophobie, à quoi devrais je crier ?  A l’intolérance ?   N'ont ils pas le droit de penser différemment ?

Je vous l’ai dit je suis une amie des homo et je pense que vous ne leur rendez pas service.
Faudrait il des blindés pour les protéger ?
Personne ne leur refuse leurs droits, alors que vous refusez d’écouter les opposants à une loi qui n’est pas encore votée et qui pourrait être amendée  lors de son passage au Sénat.
Une loi qui porte des effets que d'aucuns jugent redoutables pour la filiation .

De quoi avez vous donc peur ?
Avez vous peur du Peuple ?
Ne serait il pas de votre compétence que d'aider les gens à s'exprimer dans la liberté et de votre responsabilité de les écouter ?


Jacqueline LACH_ANDREAE

dimanche 24 mars 2013

Quand on se shoot "au Pape"…..




J’ai été heureuse de l’annonce  = «  Habamus Papam » !  
Oui, je pense qu’un Pape est utile. 
Oui je pense que j’aime avoir un Pape,  signe d’unité. Et à ceux qui s’en étonnent compte tenu de mes prises de position, je dis, en reprenant en partie  les paroles de Jean XXIII : Tout dépend de la manière qu’il aura « de faire le pape »

Les « débuts » de ce  pape  me plaisent. Sa façon d’être, le nom choisi,  tout cela  ressemble plus à un envoi en mission  qu’à un début de règne,  au choix résolu d’un « certain esprit de pauvreté et d’humilité ».

Paul VI avait renoncé à la triple tiare, lui renonce à tous les ornements lourds et dorés symbole d’un pouvoir qui rappelle plus l’Empire que notre Jésus le Nazaréen, sur les routes de Galilée ou la rude simplicité de son compagnon Simon baptisé  Cephas.

Les questions fusent, et  si par hasard on les oubliaient,  les articles les imposent : quel François est à l’origine de ce choix?

Le Poverello – le fou de Dieu aux pieds nus – qui a renoncé au luxe de son milieu d’origine pour 
« reconstruire » une Eglise avec les Pauvres ?
Ce Poverello qui n’a pas hésité à embarquer avec frère illuminé de Rieti à Ancone sur un bateau de croisés pour atteindre les côtes égyptiennes à quelques kilomètres de Damiette ?
C’était en Juillet ou Août 1219.  Devant les questions posées par ces campagnes de guerre, il n’hésite pas à aller chez le Sultan pour le rencontrer.
Ou bien Saint François Xavier l’un des fondateurs de l’Ordre des Jésuites avec Ignace de Loyola ; le missionnaire infatigable – Ceylan,  Malacca- Goa ETC ?
Je note surtout son intérêt pour le Japon et la Chine…Ces grandes puissances et pensées d’Orient.

Donc, la question qui est le François choisi  : «  Est-ce le François Xavier, né en Navarre, l’étudiant exilé à Paris pour raisons politiques, fondateur de l’Ordre des jésuites ou bien  François d’Assise, le fondateur de l’ordre des frères mineurs ( Franciscains ) »    est elle vraiment pertinente  ?

Les deux François me conviennent, les deux répondent chacun à sa manière aux demandes de notre temps. Car chez  les deux François , on  note la capacité de dépasser les schémas de pensée  connus pour rejoindre d’autres schémas de pensée  et trouver des points de convergences. Chez les deux, il y a le goût de la « rencontre ».
 Pour annoncer la Bonne Nouvelle, il faut revenir à la simplicité et même à une certaine forme de pauvreté , pour annoncer la Bonne Nouvelle, il faut dépasser les frontières géographiques, les frontières idéologiques, les frontières culturelles, il faut abattre  ces murs élevés pour protéger l’entre-soi.

Donc Merci  au Cardinal Argentin Jorge Bergoglio. Merci d’avoir donné de tels signes.

Mais de grâce, restons calmes  ! La sphère catholique  s'enfièvre. Non ce n’est pas un Pape qui fait l’Eglise, il fait le Pape. C’est tout.
Les questionnements sont toujours présents, les problèmes  à régler aussi… Les moyens que les baptisés auront à se faire entendre seront encore et toujours à l’ordre du jour.
Notre vieux et grand bateau est très lourdement chargé, les commandants à la dunette ne sont pas tous d’accord, qui tient le gouvernail ? Est-ce le Christ ou bien des intérêts masqués, les lobbies entreprenants.....
Comme la barque des disciples, notre lourd  cargo est dans la tempête et  on a parfois l’impression que le Christ somnole.

C’est sa manière : "Prend le gouvernail petit – pas de peur  ! »
«  (Matthieu. 8,23-26)

Nous avons un Pape, Merci.
Tout continue, la tempête est là et les problèmes« crapouillent » dans la cale.
L’actualité déverse toujours ses kgs d’ horreurs , de violence , d’injustice, mais aussi ses ballots  de tendresse, de justice, de dévouement, d’amour , de compassion.
Bref, c’est LA VIE.
Alors ,  ne nous shoottons pas au Pape. Cela ne sert à rien qu’à oublier, à s’oublier  le temps d’un trip.
LA VIE nous attend.

Jacqueline LACH

Matthieu 8,23-26

Il monta dans la barque et ses disciples le suivirent. Et voici qu’il y eut sur la mer une  grande  tempête, au point que la barque allait être recouverte par les vagues . Lui cependant dormait. Ils s’approchèrent et le réveillèrent en disant «  Seigneur, au secours ! Nous périssons ».
Il leur dit : «  Pourquoi avez-vous peur, hommes de peu de foi ? »

samedi 23 mars 2013

Le plus beau fruit de Vatican 2




Le plus beau fruit de Vatican II ne consiste pas en un seul acte de réforme, mais en un changement de paradigme tout entier. 

Depuis le concile Vatican II, terminée pour l’Eglise catholique l’époque de la Contre-Réforme qui voulait restaurer le Moyen Âge, fini le temps de la défensive, de la polémique et de la conquête, malgré toutes les résistances qui persistent justement au centre romain.
C’est une nouvelle époque pleine d’espoir qui commence pour elle : une époque d’un renouveau constructif dans tous les domaines de la vie de l’Eglise, un temps de rencontres empreintes de compréhension et de collaboration avec le reste de la chrétienté, avec les juifs et avec les autres religions, voire avec le monde moderne en général.
Les seize décrets que le concile a adoptés pendant son travail de quatre années sont tous des documents de transition dans l’histoire de l’Eglise, documents dans lesquels jaillit malgré tout un renouveau meilleur. Personne ne pourra contester que l’Eglise post-conciliaire est différente de l’Eglise d’avant le concile !
Dans mes Mémoires, j’ai déjà rendu compte de la plupart des résultats des décrets, en expliquant comment, par exemple avec le Décret sur l’œcuménisme, commence une période œcuménique pour l’Eglise catholique. J’ai expliqué aussi que le concile a accueilli toute une série de préoccupations centrales de la Réforme. Quoi qu’il en soit, les demandes principales de mon livre Concile et retour à l’unité (1961) ont été satisfaites.
  • La prise au sérieux de la réforme en tant qu’événement religieux ;
  • La valorisation de la Bible dans la liturgie, dans la théologie et dans la vie de l’Eglise en général ;
  • La réalisation d’une véritable liturgie pour la communauté des fidèles dans le cas de la prédication et de l’eucharistie ;
  • Une revalorisation du laïcat, dans la liturgie et la vie de la communauté ;
  • L’adaptation de l’Eglise aux différentes cultures et son dialogue avec elles ;
  • La réforme de la piété populaire ;
  • La « réforme » de la curie romaine.
Ce bilan signifiera-t-il que tout se réalisera effectivement ? Vraiment, en ce qui concerne le concile, je n’ai jamais été naïf. Je n’ai pas été saisi d’une euphorie conciliaire, ni avant, ni pendant, ni après le concile. Et j’ai toujours attiré l’attention sur la tension fondamentale entre une Eglise qui pousse à la réforme et une curie qui empêche la réforme, me rendant du coup impopulaire auprès de bien des gens.
Quelles sont donc les « questions non résolues par le concile » ?
  • Le contrôle des naissances sous la responsabilité personnelle ;
  • La solution de la question des mariages mixtes (validité du mariage, éducation des enfants) ;
  • Le célibat des prêtres dans l’Eglise latine ;
  • La réforme structurelle de la curie romaine et de son personnel ;
  • La réforme de la pratique pénitentielle : confession, indulgences, jeûne (vendredi) ;
  • La réforme de la tenue vestimentaire et des titres des prélats ;
  • L’implication des régions concernées à l’occasion de la nomination des évêques ;
  • L’élection du pape par un synode épiscopal qui serait davantage représentatif.
Malgré toutes les déceptions le concile a valu la peine. En effet, où en serions-nous sans ce concile, dans la liturgie, dans la théologie, dans la pastorale, dans l’oecuménisme, dans les relations avec le judaïsme, avec les autres religions du monde, avec le monde sécularisé en général ?
Certes, Vatican II n’a pas été autorisé à faire tout ce qu’il aurait pu faire. Mais il accompli bien davantage que ce que la majorité des gens ont attendu de lui. A l’époque, j’écrivais : «  la concile sera la réalisation d’une grand espérance ou il sera une grande déception. La réalisation d’une petite espérance serait – vu l’état sérieux du monde et les besoins de la chrétienté – une grande déception. ». Encore aujourd’hui, rétrospectivement, après cinquante ans, je peux dire : le concile a été la réalisation d’une grande espérance, malgré toutes ses grandes déceptions.


Hans Küng


samedi 16 mars 2013

LA PASSION DES FEMMES


 

Ils se saisirent donc de Jésus. ( Jean 19, 17)

Portant lui-même sa croix, Jésus sortit et gagna le lieu dit du crâne qu’en hébreu on nomme Golgotha.

C’est là qu’ils le crucifièrent ainsi que deux autres, un de chaque côté et au milieu, Jésus.

Après un procès où tout était déjà décidé à l’avance et  malgré les réserves de Pilate, du représentant du pouvoir, Jésus le Nazaréen   est condamné à mort pour blasphème par les chefs religieux : «  Nous avons une loi, et selon cette loi il doit mourir parce qu’il s’est fait Fils de Dieu ».

Il s’est dit Fils de Dieu – Blasphème !

 La passion de Jésus le nazaréen n’est pas qu’un moment de l’Histoire.  Il est là, parmi nous ployant sous le poids de la croix. Il est là dans toute souffrance.  Il est là, aussi,  dans la violence perpétrée en toute impunité sur les femmes à qui on dénie d’être ce que le Christ  dit qu’elles sont : « les filles de Dieu, ses bien-aimées ».
Je vous propose, aujourd'hui,    une nouvelle lecture de la
« Passion » celle des  femmes du Nord du Congo au Kivu,  violées depuis plus de 15 ans.  

  • ·         le témoignage de Christine ISOPET de Toulouse .

  
« Juillet 2012, je me suis rendue à Bukavu, en RDC sur l'invitation du père Bernard Ugeux, à l'initiative d'un groupe de réflexion et de propositions chrétiennes à propos des violences dans les conflits armés, en particulier à propos des violences sexuelles faites aux femmes.

« Que dire, comment trouver les mots, quels mots pour dire ce que j'ai vécu, ce qui m'habite et qui reste si profondément inscrit en moi, tellement vivant ». (…)
Je ne sais pas ce que vous attendez que je vous dise dans ce témoignage (…) je ne vous raconterais pas dans le détail ce que j'ai entendu, les violences dont sont victimes ces femmes, ces enfants.
Je ne vous les rapporterai pas tant cela dépasse tout ce que nous pouvons imaginer, ça dépasse notre entendement, cette violence est extrême.
Je peux vous parler d'actes odieux, insensés, d'actes de barbarie, de viols, de mutilations sexuelles, de traumatismes profonds... sans que cela puisse pour autant vous permettre de savoir ce qui se passe vraiment...

Vous raconter ces actes honteux et indignes me semblerait relever d'une certaine impudeur, ignominie ou indécence, tout à la fois. C'est de l'ordre de l'indicible.

(…)
Nous sortions alors de l’hôpital Panzi à Bukavu, où nous venions de rencontrer le docteur Denis Mukwege avec son équipe, puis du centre psychiatrique Sosame, du centre d'écoute des femmes Olame. Ce que je venais d'entendre dépassait tout. L'horreur à son comble.
Je suis sortie de là comme hébétée, vidée, assommée. Sur le trajet du retour, aucun mot n'est sorti de ma bouche ; il n'y avait plus de mot.
Ce que je vivais alors je ne saurais le dire exactement : c'était au-delà de la sensibilité, de l'affectivité, c'était d'un autre ordre. Ça devait toucher des zones très profondes en moi. Il y avait de l'effroi, de la colère, du désarroi, un sentiment d'impuissance, de profonde incompréhension devant quelque chose qui ne paraissait pas possible, qui ne devrait pas être possible, quelque chose d'inimaginable... et qui pourtant existe. Je vivais une souffrance, et puis une profonde tristesse, un profond chagrin, de la compassion... je ne sais pas, tout cela à la fois sans doute.
Alors je vous partage simplement, pauvrement, ce que j'ai vécu sur le trajet de retour de ces visites et que je formulais alors ainsi : « Ce que j'ai entendu, je ne sais pas ce que ça fait en moi, je ne sais pas « où ça tombe en moi », mais c'est « énorme ». Des larmes coulent, mais dire « je pleure » ne serait pas exact, « ça pleure en moi »est plus juste. Ces larmes, je ne sais pas vraiment de quoi elles sont faites ».  (…).  Ça continue de pleurer en moi.
Il y a en moi des récits terribles, des regards vides, tristes, des visages ravagés, marqués, des silences lourds.
Il y a aussi des questions, les leurs comme : où est Dieu dans tout ça ? Pourquoi n'est-il pas là ? Pourquoi le monde ne nous vient il pas en aide ?
Et les miennes : comment l'homme peut-il poser de tels actes ? Comment est-ce possible ? Et... Qu'est-ce que je fais moi là où je suis ? Et toutes ces questions sur le sens ...

Mais il y a plus que cela en moi.

Ces visages de bonté, ces regards emplis de respect, de bienveillance, de douceur, de compassion, ceux là mêmes qui sont aussi par moments ravagés de douleur, de questions, d'incompréhension, de colère, et d'une extrême fatigue.
Ces hommes et ces femmes, médecins, soignants, écoutants, psychologues, traumatisés par ce qu'ils voient, entendent; épuisés, mais qui inlassablement continuent de se pencher sur ces femmes, ces enfants, ces hommes et sans faiblir prodiguent leurs soins, posent un geste, un regard, offrent une écoute, osent un mot.

Que d'amour, de bonté, de temps donné sans compter, sauveurs d'humanité en l'homme là où parfois on pourrait désespérer et penser qu'elle a déserté.

J'ai entendu leur fatigue, leur cri,, « trop c'est trop, ça fait déjà trop longtemps que ça dure ! Il faut que ça s'arrête !». Sortir de cet enfer...
Quel dur combat pour la vie, et quelles victoires ! Au fil des jours, au quotidien, depuis 16 longues années... c'est bien cela qui les fait courageusement tenir dans cet enfer : la vie qui reprend ses droits, toutes ces victoires sur la violence et sur la mort.


. Vous ouvrir mon cœur et partager ces mots avec vous sont un moyen déjà, si petit soit-il, de leur rendre témoignage, d'être avec eux, de poursuivre mon engagement et de vous inviter à vous engager aussi.
Ils comptent sur nous, il appartient à chacun de ne pas tourner la page, de ne pas détourner le regard, mais de rester présents de cœur avec eux, de faire reculer toute forme de violence, de prendre soin, de la vie, d'être des humains.

Christine ISOPET – Germes d’Espérance »










Et bien voilà, nous avons un nouveau pape.


La fumée blanche s'est élevée dans le ciel romain.  Nous avons un nouveau Pape. Ma plume est sèche, mais notre bon Cardinal Etchegaray , le 13 Mars, a écrit un texte qui me plaît. Je le pille donc et le poste......

Prière au pape François pour le soir de son élection 
J’entends que tu te fais appeler « François »
François d’Assise et de Buenos Aires…
comme évêque de Rome.
Mais pourquoi prendre ce nom
toi le premier pape à porter un nom
Si universel et si fascinant ?
Pourquoi le peuple immense qui te découvre
Sur la loggia des bénédictions
reconnaît en toi le successeur de Pierre
Et t’aime déjà comme un père ?
À côté de moi, je surprends un cri :
« il est si simple que j’ai envie de l’embrasser »
Je te vois silencieux, les bras ballants
Je pense à l’« Ecce Homo », l’homme de la Passion,
Et j’aurais envie d’essuyer tes larmes
car certains jours tu ne pourras nous les cacher
Mais j’ai moi-même ce soir pleuré de joie
quand tu nous as invité tous à prier
dans la diversité de nos conditions et de nos croyances.
Conduis-nous souvent sur tes traces,
Jusqu’à saint François et sainte Claire,
Pour accueillir à coups de conversions
la première des Béatitudes « Heureux les Pauvres ».
Il ne faut pas trop se préoccuper de nuances
avant d’avoir saisi la pensée du Christ
dans sa tranquille plénitude et sa terrible nudité.
Toi, notre guide,
Et encore plus notre compagnon de route,
Conduis-nous toujours plus fidèles à l’Église du Christ.
Face aux défis gigantesques de ce monde,
L’Église, de l’Orient à l’Occident, peut paraître dérisoire,
Comme le petit David, avec une besace
contenant, en plein âge nucléaire,
des cailloux polis par le torrent de l’Esprit.
L’Église seule, pourtant, comme l’Apôtre Pierre
à l’infirme de la Belle Porte
ose nous dire : « De l’or ou de l’argent je n’en ai pas 
mais ce que j’ai je te le donne 
au nom de Jésus-Christ le Nazaréen, marche ! » (Act. 3, 6)
Pape François, aide-nous à croire
que sur tous les chemins de la Résurrection
le Christ nous précède toujours.
Cardinal Roger Etchegaray, 13 mars 2013

vendredi 15 février 2013

Lettre ouverte au Cardinal Archevêque Philippe BARBARIN




Monseigneur, Eminence,

Permettez à une grand-mère de retrouver l'espièglerie de sa jeunesse  et de s'adjoindre l'aide de celui qui en 1954 n'était  qu'un jeune espoir belge de la chanson.
Son grand Jacques nous  avait alors  "bien remués". 
Ne faisait il pas éclater dans un monde étriqué, bridé par les conventions et les usages , que sans "vécu"  tout  n'était  que  "faux semblant"  ?

Il parlait alors  des gestes convenus du croyant de circonstance, des amours sans consistance , de la vie qui aurait pu être plus vraie si l'on avait  le courage de dépasser les "semblants" pour aller à l'essentiel, à l'esprit des choses.

Dans le fil de mes revues de presse, j'ai lu le compte rendu fait par Ouest -France  de votre "interlocution" ( sic) au Club de la presse à Lyon, 

" Des évolutions sont à venir au sein de l'Eglise Catholique "  y disiez vous,  évoquant l'avènement d'un nouveau pape et les évolutions à venir dans l'Eglise Catholique, votre Eglise, mon Eglise aussi ! Une Eglise que j'aime et défends.

" Autoriser les prêtres à se marier ? ça a déjà existé. Et la situation actuelle peut changer ".

Dieu, que j'ai été heureuse de cette ouverture.
Las, joie de courte durée .

En effet , le couperet tombe.
"Ce qui ne changera jamais en revanche, c’est l’impossibilité pour les femmes de devenir prêtre.»


Ce qui ne changera jamais ? .....

Non Monseigneur ce qui ne changera jamais c'est vous, seulement vous.
D'autres peuvent penser autrement "la chose".

Aucun fondement théologique pour étayer  une telle affirmation, seulement la tradition et trois " REFUS" de trois Papes aux demandes réitérées de nombreux prêtres et évêques soucieux de donner  aux femmes la possibilité de répondre à l'appel à l'ordination.
Véritable discrimination sexiste passible des tribunaux dans la vie civile, de telles affirmations appuyées d'un JAMAIS péremptoire étonne de la part d'un des "Princes" de notre Eglise.
Quelle source argumentaire  alimente donc une telle ségrégation ?
 -Le faux problème de l'impureté? Il a été mis à mal par Jésus lui-même.
-L'idée d'un sexe mal fini, véritable  demi-humanité   seulement apte à la fameuse faction des PBT, 
( petits boulots techniques )? Véritable "aide" au sens trivial du terme ?
Je pourrais être alarmée, j'ai préféré en rire, c'est donc aidée de Jacques BREL  et de son Grand Jacques que je vous livre ce petit "poulet" en vous priant d'avoir l'obligeance de regarder avec attention les deux dernières phrases. Je me suis permis de les mettre en couleur, car elles sont la seule vraie question que nous pouvons poser devant des refus que rien n'étaie :  ni l'Evangile, ni les faits et gestes de Jésus, ni même la Tradition si on la juge à l'aune du respect d'une organisation sociale faisant jusqu'à ces dernières décennies de la femme une éternelle mineure juridique.

Réponse à Mgr BARBARIN .
A la question "ordination des femmes ? JAMAIS !!!" sur l'air de Tais toi donc Grand Jacques.....

C'est trop facile de parler pour l'Eglise 
De déverser toute sa saleté 
Dire au public dans la lumière grise 
Ordonner les femmes ? JAMAIS ! 

Tais toi donc, Philippe,
Que connais-tu des femmes 
Un cantique, une image
Tu n’en connais rien de mieux ?

C’est trop facile quand les guerres sont finies
D’aller gueuler que c’était la dernière
Hommes mariés pourriez être ordonnés :
Révolution ! Mais ce serait la dernière !

Tais toi donc Philippe, 
Laisse-nous donc pleurer
Laisse-les crier de joie
Toi qui ne fut même pas soldat.

C’est trop facile quand une Eglise se meurt
Qu’elle craque en deux parce qu’on l’a trop pliée
D’aller pleurer comme pleurent les curés
Comme si régner pouvait toujours durer .

Tais toi donc, Philippe
Que connais tu des femmes
Des yeux bleus, des cheveux fous
Tu n’en connais rien du tout.

Et dis-toi donc Philippe
Dis-le-toi souvent
C’est trop facile
C’est trop facile,
De faire semblant.

Il faudra bien un jour, un soir, 
Qu’ à notre Dieu tu rendes  comptes,
Et qu’aux Hommes tu expliques
Des Femmes l’immonde indignité 

Aurais tu donc mon frère, oublié d’où tu es sorti ?
As tu oublié, mon frère, d’où bébé-Jésus est né ?
Aurais tu oublié ta mère ?
Aurais tu oublié sa Mère ?


Je m'appelle Jacqueline LACH-ANDREAE, suis née en 1941, fruit d'une éducation qui tenait alors de l'esprit d'avant-guerre,  les garçons d'un côté, les filles de l'autre, une morale sexuelle d'autant plus rigoureuse que toute transgression était à haut risque.
Ma Foi plutôt falote et convenue  dans l'avant Concile,  s'est épanouie avec vigueur et en vérité dans la période post conciliaire, m'amenant au fil des années à toujours m'investir plus dans le service d'Eglise et même, le temps de la retraite venu, à m'inscrire en Cycle C de Théologie  à l'ICT où j'ai reçu le meilleur et le plus éclairé des enseignements.
Toute ces expériences me permettent donc d'avoir un jugement, à la fois sur l'Eglise, sur la position des femmes dans l'Eglise et surtout sur les jugements que les prélats portent sur elles.



Je vous prie de croire, Monseigneur,  Eminence, à ma bien respectueuse considération. la légèreté de mon propos n'étant que le miroir du peu de considération  que les ministres ordonnés daignent nous accorder.
Tout Seigneur avait son Fou. Je le serai donc l'espace d'une soirée.

Jacqueline LACH-ANDREAE
le15 Février 2013.

http://youtu.be/7V1yBtmj5xI   



  • ues Brel. He made his debut with this song in 1954. C'est trop facile d'entrer aux églises De déverser toute sa saleté Face a...

mardi 12 février 2013

Renonciation du Pape....



Les esprits sont « tout retournés », le Pape a présenté sa renonciation , elle sera effective le 28 Février .
Comment? Pourquoi?  Quelles sont les raisons ?
Les jeux sont donc ouverts, mais quels enjeux ?
 Une  démission, c’est quelque chose qui a un rapport à un travail, une charge, une fonction, mais une renonciation du Pape ?

Ce n’est pas du registre des "façons d’être" de l’Eglise catholique romaine !


On se souvient avec émotion des images des foules en prière sur la Place Saint Pierre, les larmes pour Jean-paul  II en proie aux affres et déchéances de la maladie et pourtant fidèlement arrimé au gouvernail de la barque.
On se souvient de la fidélité du martyr « jusqu’à la mort ».
On s’en souvient, beaucoup s’en sont émus ont appelé à la Sainteté,  « santo subito, santo subito" clamait la foule le jour de sa mort...Une pétition de 173  évêques à poussé Benoît XVI à ouvrir un procès en canonisation.
Si vite … Si vite…Peut-être trop vite.
La figure du pape, le "Très Saint Père", en devenait idéale, merveilleuse ,  de l’ordre du divin,  presqu’inhumaine.
Les genoux fléchissaient, on attendait d’elle qu’elle parle, enseigne, dise ce qu’il faut faire…
Une icône.


Mais une icône, est-ce le langage de la Croix ?

Aujourd’hui, Joseph Ratzinger, se dépouillant des ors et de la pourpre, du poids écrasant d’une Eglise dans les tourments de l’enfantement,  en se défendant d’être l’image médiatique de l’Eglise, donne une grande leçon :

  • Il ramène avec beaucoup de courage les esprits égarés dans l’adoration à la fonction papale à la réalité de celle-ci.
  • Il enseigne le monde profane et médiatique : son image n’est pas l’image de la puissance de l’Eglise. L’image de l’Eglise c’est la Croix du Christ. C’est l’abaissement.
  • Serviteur,  clef de voûte de l’édifice de l’Eglise catholique romaine, certes, mais seulement serviteur.
  • Un serviteur appelé à  remplir « autrement » sa tâche de baptisé, dans l’abaissement, le silence  de la prière, pour retrouver le cœur de l’Homme dans le cœur de Dieu.

Il faut savoir sortir du Monde pour l’entendre…
Il faut tenir conversation avec Dieu pour pouvoir tenir conversation avec les Hommes.

  • Serviteur qui rappelle à tous les adorateurs de la fonction, que nul n’est propriétaire de l’Esprit –Saint, il reconnaît, par cet acte officiel,  que l’Esprit souffle où il veut et  lui donne sa confiance en s’abandonnant à la divine providence pour choisir un successeur ?
  •  En ramenant la charge papale à une fonction qui peut être transférée du vivant de celui qui l’a reçue, il lui donne sa juste mesure , celle de l’évêque de Rome, celle de "premier évêque".
  • Dépouillé de cette notion de puissance et d’infaillibilité pontificale que lui avait conféré le Concile Vatican I,*  il ouvre une porte à tous les frères séparés .[1]


-D’une manière moderne, il clame au monde ce que Paul à écrit 1 Co 1,10

« Je m’explique ; chacun de vous parle ainsi :  » moi j’appartiens à Paul.- Moi à Apolos . – « Moi à Céphas. -Moi à Christ.
« Le Christ est il divisé ? Est-ce Paul qui a été crucifié pour vous ? Est-ce au nom de Paul de « que vous avez été baptisé ? ( …)
« Car Christ n’a pas envoyé baptiser, mais annoncer l’Evangile, et sans recourir à la sagesse « du discours, pour ne pas réduire à néant la croix du Christ.
« Le langage de la croix, en effet, est folie pour ceux qui se perdent, mais pour ceux qui sont « en train d’être sauvés, pour nous, il est puissance de Dieu.

Oui, aujourd’hui, je remercie Jospeh Ratzinger de nous rappeler l’ultime vérité de l’Eglise : le mystère de Dieu est de réunir toutes choses en Christ
Le langage de la croix, en effet, est folie pour ceux qui se perdent mais pour ceux qui sont en train d’être sauvés, pour nous, il est puissance de Dieu.

Pour moi, en ce jour exceptionnel qui ouvre tous les possibles pour une Eglise depuis longtemps  en attente, et  à tous  les baptisés conscients des grâces de leur baptême qui les fait Prêtres, Rois et Prophètes, 
je rappellerai l'avant-propos de la "constitution pastorale sur l'Eglise dans le monde de ce temps"  Gaudium et spes......

"Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et "de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs , les tristesses et les angoisses des disciples "du Christ, et il n'est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur coeur."

Il n'est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur coeur......


Jacqueline LACH-ANDREAE
12 Février 2013





[1] (note 1) convoqué par Pie IX . Concile avorté, car interrompu par l’entrée des troupes italiennes dans Rome et jamais repris…. Peut-être esprit mal tourné, j'y vois  un démenti … » on juge l’arbre à ses fruits » a dit jésus.
[1]