dimanche 20 janvier 2013
vendredi 11 janvier 2013
LETTRE OUVERTE AUX FRANCAIS
Chers amis,
Puisque les souffrances se font cris, je voudrais ajouter le
mien.
Non pour me faire plaindre, non parce que ma souffrance est
invalidante
Non parce que je suis victime d’ostracisme
Mais surtout parce que j’ai mal à mon pays, mal à ma citoyenneté.
La crise fragilise. Beaucoup ne savent pas ce que seront
leurs lendemains.
Les entreprises ferment et jettent à la rue les
travailleurs, les retraités dont les retraites sont modestes craignent de ne
pouvoir boucler les fins de mois tant les charges augmentent à un rythme que
jamais l’augmentation de leur retraite n’arrivera à rattraper. Les CDD sont le
lot courant pour les jeunes, comment feront ils pour construire leur avenir
dans une société où les banques ne prêtent qu’à ceux qui ne présentent aucun
risque.
Ne nous trompons pas ce ne sont pas les bourgeois nantis, des catholiques homophobes qui
seront dans la rue. Ce seront des personnes « en mal-être », qui ne
savent plus à quoi se raccrocher.
Ce seront des personnes qui mettent dans les valeurs
clairement établies dans le Code Civil de la République leur confiance et leur
adhésion.
Il y a quelque chose de noble à demander que soient respectées les lois issues de la
tradition républicaine de la France transcrites au fil du temps dans notre Code
Civil.
N’oublions pas que celui-ci aura 200 ans le 21 Avril 2014 et a traversé bien des régimes, bien des révolutions et des guerres.
Certes il a évolué au fil des transformations sociétales, mais jamais dans de
les proportions que le projet de
loi propose.
Etienne Portalis,
un des rédacteurs du Code répondait à la question à quoi sert un Code
Civil :
« C’est un corps de lois destinées à diriger et fixer
les relations de sociabilité, de famille et d’intérêts qu’ont entre eux des
hommes qui appartiennent à la même cité ».
Je m’attarde sur «qui appartiennent à la même cité ».
Je m’y attarde car c’est à mes yeux ce qui motive les
personnes du « Contre ».
Des milliers de gens considèrent comme un bien précieux cet
héritage que le mariage traditionnel d'un homme et d'une femme représente pour eux et s’y arriment en tant que valeur fondement de la société à
laquelle ils sont fiers d’appartenir. Ils cherchent dans les institutions des
repères dans une cité en complète dislocation.
Je n’ai jamais aimé les croisades, les injonctions, les mots
d’ordre, je m’y suis opposée et l’ai déclaré. Je suis une femme éprise de
liberté qui suit sa conscience.
Mais je suis aussi une femme qui se voudrait fraternelle et
si je comprend vraiment en profondeur le mal-être des homosexuels et cherche de
tout mon cœur et de tout mon intelligence à faire qu’ils trouvent leur place en
toute dignité, je peux aussi comprendre le mal-être des personnes qui se
sentent partir à la dérive dans un monde qu’elles ne comprennent plus.
Dans cette crise nous devons établir l’unité du pays et non
l’opposition d’un camps contre l’autre dans la société. Il en va à mes yeux de
notre responsabilité de citoyens. C’est pourquoi je souhaite que le
gouvernement revoie sa copie.
François Bayrou propose le terme « d’union reconnue » à la place de mariage , j’y souscris. Celle-ci pourrait bénéficier de la solennité d’une union passée publiquement devant l’édile de la cité , poserait les principes de solidarité, de dignité et les droits y afférents, mais ne porterait pas ombrage à un mariage-traditionnel que nous souhaitons garder dans ses formes et ses effets.
Jacqueline LACH-ANDREAE
Le 11 Janvier 2013
dimanche 30 décembre 2012
LAISSEZ NOUS VIVRE. LE CRI QUI VIENT DU CONGO
« C’est au nom
des victimes, qui ne savent plus comment pouvoir nommer un Dieu qui semble
s’être absenté durant leur
calvaire que nous osons écrire ces lignes .
C’est ainsi que débute l’une des lettres du dossier «
Laissez nous vivre » que nous a adressé le Père Bernard Ugeux, Père Blanc, profondément touché par ces souffrances.
En effet, quelle parole adopter face à ce qui semble le mal
absolu ?
Au Kivu, une région à l’Est de ( RDC)
martyrisée par près de 20 ans d’une guerre oubliée environ 500 000 femmes ont
été violées par des groupes armés et
ont subies d’atroces mutilations
sexuelles. Les enfants nés de ces viols sont stigmatisés dans les communautés.
Les familles vivent dans la peur.
Les Eglises congolaises ont dénoncé ces atrocités, elles ont
créé des structures pour accueillir les victimes, gèrent les écoles, s’occupent des projets de développement, mais comment parler encore de
Dieu à ces femmes qui ont vécu l’enfer ?
Les communautés
chrétiennes ont du mal à aborder la question.
« Il y a une
lacune dans la pastorale », témoigne Bernard Ugeux basé à Bukavu la capitale du Sud-Kivu.
Cet ancien professeur de théologie à l’Université de Toulouse
décide alors de réunir l’été dernier à Bukavu, un groupe de réflexion de
treize personnes, dont des
infirmières, des psychologues et des théologiens catholiques et protestants.
Objectif : faire connaître la situation, mais aussi et surtout déboucher
sur un document pédagogique sous formes de lettres.
| Oeuvre d'un artiste Mayelé |
Celui-ci est en ligne et téléchargeable. LAISSEZ NOUS VIVRE- Cris des Femmes du Congo.
http://www.mafrome.org/Laissez_nous_vivre_GCRA_Bukavu.pdfNous vous invitons à l’ouvrir, il est destiné à tous.
En effet, la réflexion sur les sévices subis par ces femmes
et ces enfants nous concerne tous. Elle va beaucoup plus loin que la situation du Congo, elle nous
renvoie à tous les viols collectifs perpétrés en temps de guerre. Elle nous
renvoie aussi à notre banal quotidien où le viol est plus fréquent qu’on ne le pense.
Elle nous renvoie aujourd’hui à l’étudiante victime d’un viol collectif mi-décembre à New
Delhi. La Fille de l’Inde ( India
Daughter ) comme elle est désormais appelée, devient ainsi la victime emblématique des violences faites
aux femmes en toute impunité dans ce pays.
La question est lourde de sens. Elle touche à l’idée qu’on
se fait de la Femme, de la Justice et de la Vie.
- Comment redonner à ces femmes confiance et dignité et les soutenir dans leurs efforts à dégager un avenir de leurs décombres ?
- Comment les « extraire » de la gangue de honte qui les paralyse et les fait muettes ?
- Quel Seigneur de la vie et de la joie peuvent elles encore supplier, quelle confiance peuvent elles espérer ?
- Quels mots, quel soin, quelle attention et quelle possible espérance pourrons nous offrir pour qu’elles puissent à nouveau croire en une bonté d’homme, en la présence aimante du Dieu Très bas ?
- Quelle parole tranchante comme le glaive saura déchirer un silence complice, saura dénoncer fermement ces violences barbares, ces injustices nées du pillage délibéré d’un minerai rare considéré par l’industrie comme presque aussi précieux que l’or.
« Recouds les femmes et tais-toi » menace la
soldatesque au médecin.
La violence sur ces femmes s'accompagne ainsi de menaces de mort pour ceux qui les aident. Ils les veulent seules, abandonnées, privées de parole.
Oserons nous un
geste prophétique ? Qui saura à
l’image du Père Ugeux et de son équipe leur redonner parole de dignité ?
Oserons nous tous ensemble leur rendre témoignage ?
Oserons nous donner chair à nos difficiles tentatives d’accueillir
à la lumière de la Vérité du
Dieu fait homme ces souffrances de femmes humiliées.
Souffrances muettes, vécues dans la honte et quelques fois le rejet.
Oserons en appeler à l’Eglise-Institution et lui dire: « Ne sois pas comme David qui s’est tu quand sa fille Tamar a été violée par son demi-frère Amnon » - « Expulsez cette fille de chez moi, et verrouille la porte derrière elle ! » a crié le violeur envahi par le dégout ( 2 Sam.13) de lui même, de la femme ?
Tes filles, notre Mère Eglise, sont souvent derrière la porte.
Protège les et donne leur égale dignité de choix afin que nul de tes fils, puissant ou misérable, ne puisse avoir la tentation de penser que leur sexe leur donne un
pouvoir de définition sur ce qu’est
une femme».
Ne laisse pas le frère violer la soeur. Il n'y a pas que des viols physiques et barbares, il en est de plus sophistiqués.
"LAISSEZ-NOUS VIVRE!" *le cri des femmes de la RD du CONGO, victimes des violences durant les conflits. Un document proposé pour l'accueil et le soutien des victimes par les communautés chrétiennes.
mardi 21 août 2012
Nous n’avons pas assez fait confiance aux petits paysans.
Je copie cet article de LA CROIX paru le 20 Août 2012.
Un entretien avec OLIVIER DE SCHUTTER, Rapporteur spécial des Nations
Unies pour le droit à l’alimentation
A travers des rapports précis et argumentés sur l’agriculture de demain,
la flambée des prix des denrées alimentaires ou encore la ruée sur les terres
agricoles, Olivier de Schutter avance des solutions pragmatiques pour améliorer
la sécurité alimentaire.
La Croix :
Vous êtes l’enfant d’une civilisation européenne qui n’a pas connu la faim depuis
la Seconde Guerre mondiale. Comment en êtes-vous venu à vous intéresser à ce
fléau ?
Olivier
de Schutter : Je suis effectivement issu d’un monde très
privilégié. Mon père était un diplomate. Mes premiers souvenirs d’enfant
remontent à Bombay, en Inde, où il était en poste. Je me rappelle très bien les
images de ces mendiants aux feux rouges avec des membres atrophiés qui venaient
demander la charité. Cela m’a beaucoup bouleversé.
J’ai passé ensuite mon adolescence au Rwanda. Le contraste inouï entre
le luxe dans lequel nous sommes éduqués et la pauvreté environnante ne m’a pas
laissé indifférent. Jean Ziegler, mon prédécesseur au poste de rapporteur
spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation, a eu cette même expérience tôt
dans sa vie et il utilise le mot de culpabilité pour décrire son combat. Cela
traduit bien mon sentiment : on a envie de se racheter. C’est sans doute
de là que vient mon engagement.
Vous êtes
un juriste spécialiste des droits de l’homme. Quel est le lien entre les droits
de l’homme et le droit à l’alimentation ?
O.S. :
Les organisations de développement utilisent de plus en plus le droit à
l’alimentation dans leurs démarches. Pour lutter contre la faim, les solutions
purement techniques ne marchent pas si on ne tient pas compte de la
responsabilité des États à l’égard des populations. C’est d’abord une affaire
de pouvoir entre les gouvernements et la capacité des petits paysans à négocier
des prix rémunérateurs. Le droit à l’alimentation revient à mettre les
projecteurs sur des problèmes ignorés des autorités.
Comment
faire progresser ce droit à l’alimentation ?
O.S. :
Je prône la démarche participative. Le droit à l’alimentation, c’est créer des
mécanismes à l’écoute des plus pauvres. Nous n’avons pas assez fait confiance
aux petits paysans. Ce sont des gens très inventifs qui comprennent bien les
obstacles auxquels ils sont confrontés. En les écoutant davantage, on identifie
plus rapidement les solutions les plus accessibles. Il y a ensuite une
complémentarité à trouver entre les initiatives locales et les réformes
structurelles. Les microprojets ne peuvent s’étendre sans un environnement
macro-économique propice. A l’inverse les projets venus d’en haut ne débouchent
sur rien s’il n’existe pas des acteurs sur le terrain pour les mettre en œuvre.
Votre
mandat est d’avancer des propositions pour faire reculer de moitié la faim dans
le monde entre 1990 et 2015. Cet objectif est-il encore réalisable ?
O.S. :
Aujourd’hui, 16% de la population ne parvient pas à se nourrir décemment, contre
20% en 1990. Pour répondre aux Objectifs du millénaire, il faudrait descendre à
10% de personnes mal-nourries. Personne n’ose sérieusement prétendre qu’on y
parviendra à temps. Et le tableau serait encore plus sombre si on laissait de
côté la Chine où d’énormes progrès ont été réalisés en milieu rural ces
vingt-cinq dernières années. Dans beaucoup d’autres parties du monde, le nombre
de personnes en insécurité alimentaire n’a pas baissé, il a même augmenté. Je
rappelle que 42% des enfants en Afrique subsaharienne sont mal nourris. Ils
manquent des aliments nécessaires à leur plein épanouissement.
Après les
émeutes de la faim, en 2008, la communauté internationale a fait une série
d’annonces pour améliorer la sécurité alimentaire. Qu’en est-il aujourd’hui ?
O.S. :
Il y a eu un vrai changement de paradigme ces dernières années. Avant 2008, on
pensait résoudre la question de la faim par l’aide alimentaire et par
l’exportation, vers les pays déficitaires, de produits à bas prix écoulés sur
les marchés internationaux. Désormais tout le monde est d’accord pour dire
qu’il faut aider ces pays à se nourrir par eux-mêmes en leur donnant la
capacité de reconstruire leur système agricole négligé pendant trois décennies.
Voilà pour la rhétorique. Dans les faits, on assiste à une spéculation foncière
et on compte sur des investisseurs privés pour relancer le secteur. Or, ces
acteurs ne sont pas intéressés à soutenir les petits agriculteurs. Ils veulent
renforcer l’agro-export, les cultures de rente. Ils ont d’autres intérêts que
la réduction de la pauvreté rurale.
Vous
défendez une agriculture vivrière et familiale. N’est-ce pas l’agriculture
productiviste qui a sorti l’Europe de la faim ?
O.S. : N’oublions pas que l’Europe a effectué
une transition économique en l’espace d’un siècle, en créant des emplois dans
l’industrie puis les services et en réduisant peu à peu les actifs agricoles.
Il est tout à fait illusoire de penser qu’on peut effectuer le même trajet en
l’espace d’une génération ou deux en Afrique. D’autant plus que ces pays ne
sont pas en mesure de créer des emplois en suffisance dans l’industrie et les
services. Ils ne pourront pas absorber le surplus de main d’œuvre qui
résulterait d’une désertification des campagnes à travers le recours à
l’agriculture agro-industrielle.
Le Brésil
y est pourtant parvenu ces ceux dernières décennies …
O.S. :
Le Brésil est un pays où deux agricultures coexistent. La première, totalement
mécanisée, utilise les technologies de pointe et reste très compétitive sur les
marchés internationaux. La seconde
est l’agriculture familiale, dont la production est écoulée sur les marchés
locaux. C’est elle qui nourrit 80% de la population brésilienne. Pour lutter
efficacement contre la malnutrition, le pays a lancé dans les années quatre-vingt-dix
des programmes rapprochant les petits producteurs des populations pauvres des
villes. Les paysans ont trouvé des débouchés dans les cantines scolaires, les
restaurants communautaires, les marchés subventionnés … C’est le soutien à
l’agriculture familiale qui a fait reculer la faim au Brésil, pas
l’agro-exportation.
Vous
insistez sur l’autosuffisance
alimentaire et vous avez eu de vifs débats à ce sujet avec Pascal Lamy,
directeur général de l’Organisation mondiale du commerce. Dans certains pays, n’est-ce pas un mythe ?
O.S. :
Pascal Lamy a voulu décrédibiliser mes propos. Je n’ai jamais utilisé le terme
d’autosuffisance alimentaire. Evidemment, tous les pays ne peuvent pas subvenir
à leurs besoins. Reste qu’on a trop souvent par le passé investi dans les
cultures d’exportation telles que le coton, le tabac, le café, la noix de
cajou. Résultat, de nombreux états n’ont pas développé les agricultures
vivrières susceptibles de renforcer leur sécurité alimentaire. A l’ère du
changement climatique, les pays producteurs seront de plus en plus affectés par
la sécheresse ou les inondations, qui se traduiront par les flambées des prix
sur les marchés internationaux. La meilleure façon d’éviter les chocs à
répétition, c’est d’encourager toutes les régions du monde à produire autant
qu’elles le peuvent. La dépendance est un risque et un danger. La facture
alimentaire des 47 pays les moins avancés a été multipliée par 6 entre 1992 et
2008. Ils importent plus de 25% de leur nourriture Aidons-les à produire davantage
pour eux-mêmes. C’est bien pour les paysans et c’est indispensable pour se
prémunir contre les hausses brutales des prix.
Propos recueillis par Olivier Tallès, La Croix du 20 août 2012
graure J.lach-Andreae
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Qui est Olivier de Schutter ?
Olivier de Schutter est né le 20 juillet 1968 d’une famille belge aisée.
Fils de diplomate, il grandit jusqu’à l’âge de 15 ans en Inde, en Arabie
saoudite et au Rwanda, pays qui le marquera profondément. Il choisit d’étudier
le droit international et obtient une licence dans cette matière en 1990 à
l’Université catholique de Louvain (UCL), puis un master à l’Université
américaine Harvard. Docteur en droit, il se spécialise rapidement dans les
questions de droits de l’homme. En 2000, il devient secrétaire général de la
Ligue belge des droits de l’homme avant de prendre, quatre ans plus tard, le
poste de secrétaire général de la Fédération internationale des droits de
l’homme. En 2008, il succède au Suisse Jean Ziegler à la fonction de Rapporteur
spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation. Professeur de droit
international à l’UCL, il est l’auteur de nombreux ouvrages économiques et
sociaux.
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vendredi 17 août 2012
le mariage homosexuel ...
Cher Nathanaël, « Don de
Dieu » ,
celui dont on ne sait ce qu’il a fait, mais seulement qu’il
a été appelé par Jésus pour être son disciple nous dit l’évangile de Jean 1,45-51…
Qui est donc ce Nathanael au nom si beau et pourtant si discret ?
Je t ’écris,
cher ami homo, à ce nom que je te donne in petto, car pour t’avoir côtoyé durant de longues années, avoir été
ton ami, avoir travaillé avec
toi, je me réveille aujourd’hui
dans la labyrinthe d’un débat bien
sérieux sur le mariage homosexuel,
ne sachant en fait rien de Toi et peut-être si
peu de choses des raisons profondes de ceux qui s’opposent
à Toi et à ta liberté.
C’est cela le débat, on y rentre plein d’assurance, on en sort le cœur humble. Les grandes
évolutions de société sont le fruit
d’ opinions contradictoires, mais qui toutes portent en soi la responsabilité de construire la vie des hommes . Et dans
l’honnêteté de son cœur, à l’heure des choix, tout cela pèse lourd.
Alors qui es tu Nathanael ? Qui es tu cet « Autre »
par rapport à moi-même, toi qui
préfère ton semblable à l’aventure de la découverte du sexe opposé ?
Je ne sais pas. Rien en moi, dans mes gênes, dans mes
expériences sexuelles ne peut y
répondre, mais mon cœur, me crie « aime le, aime la, donne lui son
bonheur, il l’a bien mérité » J’avais presque envie d’écrire :" il le vaut
bien"….Et je n’ai jamais rien su refuser à mon cœur.
D’ailleurs la plus grande de mes attentes, n’est elle pas
d’être aimée et acceptée comme je suis ?
Tu le sais Nathanael,
je condamne l’homophobie, avec force.
Elle n’est que le fruit de l’ignorance et de
la paresse intellectuelle.
Mais quelle longue ignorance !!!!
Des siècles de rejets, de mariages arrangés pour « sauver la face » aux yeux
du monde, des siècles où cette « différence » cassait toute
possibilité d’avancement professionnel, où l’homosexualité affichée ne se pouvait être que privilège de riches, de puissants
ou artistes en marge .
Pourtant quelle profusion de richesse au service de l'humanité !
Rimbaud, Yourcenar, Gide, Cocteau, ETC…la liste est longue.
Certains ont dit : l’homosexualité est une maladie.
OUF......WOUHA!!!!!
NON, l’homosexualité n’est ni un symptôme, ni une structure pathologique.
Dès lors qu’il y a possibilité d’acceptation et d’intégration par l’entourage, la vie homosexuelle peut s’avérer structurante, opérante et donner équilibre au fonctionnement psychique ( orientation homosexuelle et vie chrétienne. P.16 ).
Toutes les recherches récentes montrent qu’il est presque impossible de changer l’orientation sexuelle, même quand une personne le demande. écrit Castaneda Marina – Comprendre l’homosexualité- Robert Laffont, 1999 , p.28.
C'est donc bien qu'il s'agit d'un état affirmé.
Un jour, il y a bien longtemps, à la révélation de plusieurs
cas d’homosexualité dans une même famille, on m’a demandé :
« Que feriez vous si votre fils était
homo ? »
Je suis restée un interloquée, je ne m’étais pas posé la
question, l’enfant avait à peine douze ans.
Mais l’évidence
s’est imposée, je l’aimerais, il est mon fils, j’assumerais sa différence, et
surtout je ne le ferais pas souffrir pour cette raison.
Car enfin, Nathanael, pourquoi faire tant de bruit pour si peu de chose ?
Font il ils du mal ces amoureux que l’on croise, vieux
couple attentif à ne pas se faire trop remarquer. On les imagine jeunes, à
l’heure du choix lorsque peut-être
s’est déjà installée la souffrance
de n’être pas acceptés comme tels par la société, tolérés certes mais pas reconnus. Comme des étrangers chez eux, exclus des tables familiales. On était dur
autrefois dans la petite bourgeoisie.
Font elles du mal ces jeunes femmes chargées d’enfants que
l’on croise sur les lignes de l’Europe du Nord ?
Alors pourquoi leur refuser la joie de pouvoir concrétiser
leur union, de proclamer leurs solidarités respectives à la
face de la société ?
Pourquoi refuser aux humbles d’accéder à la liberté de ceux à qui le pouvoir et l’argent peuvent tout donner.
Le mariage est plus qu’un contrat, Nathanael, c’est le désir
de s’engager l’un envers l’autre dans les bons jours comme dans les mauvais
jours, dans la joie et dans la peine.
Il me plait de te faire confiance, d’avoir foi en toi, de
respecter ta liberté et de te donner les moyens de montrer ton sens des responsabilités.
D’ailleurs au nom de quoi, pourrais-je te le refuser ?
Peut-être ce désir de mariage des homo rappellera-t-il à l’ensemble de la société le désir de
l’engagement profond, affiché, qui s’établit devant Monsieur ou Madame
Le Maire.
Peut-être alors de nombreux couples ne jetteront ils plus leur parole aux orties au moindre
manquement avec la désinvolture
qu’on sait être celle d’ aujourd’hui.
Comment Toi, Jacqueline la catholique, diront certains, tu balaies le caractère essentiel du
mariage qui est fondé sur la différence sexuelle et la capacité d’engendrer ?
Non, je ne balaie rien.
Nous sommes de l’ordre du vivant, et dans le genre humain,
le mâle a besoin de la femelle et la femelle a besoin du mâle pour procréer.
Pas d’enfants autrement, tout le reste n’est que de l’ordre
de la manipulation génétique ou du
commerce des ventres et du don des gamettes.
Mais l’être n’est pas seulement un organisme sexué, il est
beaucoup plus.
Par delà le sexe
il est un être doté de conscience, doté du « rouha » de Dieu,
un être de relation. Un être d’une
grande dignité.
"L'être humain, dès sa conception, n'existe que dans les relations avec les autres, et (...) le christianisme assume pleinement cette réalité, avec ses dimensions corporelles et affectives" (Monique Hebrard - prêtres enquête sur le clergé d'aujourd'hui).
Comment penser qu'une relation vécue intensément pourrait être dénaturée dans une sexualité homo ?
Qui peut dire, je suis le seul à savoir aimer ?
Alors marions les, marions les, je crois qu’ils seront heureux ensemble
…… dit la chanson.
A bientôt, cher Nathanel, je te souhaite beaucoup de bonheur.
vendredi 3 août 2012
ILS ONT FAIT LES CONS
Hier au soir, sur Arte la série des Kennedy.
Je l'ai suivie avec passion, tout un pan de ma vie.
Choc des images de foules haineuses résolument décidées à empêcher James Meredith-(1) , étudiant noir à intégrer l'université du Mississippi.
Je ne peux m'empêcher à faire un parallèle avec une conversation, fort amicale au demeurant, il y a plusieurs années auparavant avec un jeune prêtre. Nous étions alors en pélé avec des jeunes des aumôneries sur la route de Venise.
J'abordais, à mon habitude l'oecuménisme, aspiration profonde et vécue, de ma spiritiualité.
"Pourquoi avoir freiné le rapprochement avec les réformés et spécialement les luthériens, alors que si peu de choses en fait nous séparent ? ". La réponse est tombée raide, sans concession :
" Ils ont fait les cons avec les femmes".
Ceci pour exprimer que ces Eglises ont confié des Ministères, jusque là réservés à des hommes, à des femmes.
Je ne m'étendrai pas aujourd'hui sur la différence entre un Ministère luthérien , un mandat réformé et l'ordination dans les Eglises catholique et Orthodoxe.
Tout cela dépend de l'ecclésiologie de chacune de ces Eglises.
Mon propos, qui se veut court, s'attardera seulement sur le refus de la différence.
Ce refus si prégnant. Racine du mal de l'homme.
La différence, de race, de sexe d'opinion est toujours vécue me semble-t-il comme un élément de hiérarchie dans l'usage du pouvoir.
Faire entrer quelqu'un de différent, jusque là "pensé comme différent" devient une atteinte intolérable à l'idée qu'on se fait de soi-même et de son importance , une blessure capable de faire régresser les intelligences les plus éclairées.
Ce fut le cas de ce jeune prêtre, il était intelligent !
Mais comment intégrer, l'idée qu'une femme puisse recevoir ce sacrement de l'ordination et remettre en cause le choix exclusif des mâles pour conduire les affaire de l'Eglise, administrer les sacrements...
Comment accepter que les femmes qui prennent partout place, puissent aussi demander leur part dans le travail à accomplir ?
Un jour, un autre de ces jeunes m'a dit :
" J'ai peur pour les garçons, ils sont mal, les filles s'imposent partout".
Etrange vision des choses dans la pensée occidentale où le mérite et la compétence priment la différence.
Ce fossé qui ne cesse de s'agrandir entre une pensée profane et la pensée catholique ne serait il pas plus dangereux que l'accès des femmes à tous les rouages des sociétés ?
On se surprend à s'étonner de voir ces images d'une foule déchaînée à l'idée qu'un noir puisse intégrer une universitée jusque là réservée aux blancs.
Pourtant c'était le temps de ma jeunesse, cela faisait la une de nos journaux de l'époque.
Lorsque le premier pas est fait, la première opposition balayée, on voit les bienfaits du courage.
Obama est il un mauvais président ?
Des anges passent sur la pointe des pieds.......
(1)Premier étudiant noir à intégrer l’université du Mississippi, James Meredith se fera l’un des combattants pour l’égalité civique dans son pays.
Je l'ai suivie avec passion, tout un pan de ma vie.
Choc des images de foules haineuses résolument décidées à empêcher James Meredith-(1) , étudiant noir à intégrer l'université du Mississippi.
Je ne peux m'empêcher à faire un parallèle avec une conversation, fort amicale au demeurant, il y a plusieurs années auparavant avec un jeune prêtre. Nous étions alors en pélé avec des jeunes des aumôneries sur la route de Venise.
J'abordais, à mon habitude l'oecuménisme, aspiration profonde et vécue, de ma spiritiualité.
"Pourquoi avoir freiné le rapprochement avec les réformés et spécialement les luthériens, alors que si peu de choses en fait nous séparent ? ". La réponse est tombée raide, sans concession :
" Ils ont fait les cons avec les femmes".
Ceci pour exprimer que ces Eglises ont confié des Ministères, jusque là réservés à des hommes, à des femmes.
Je ne m'étendrai pas aujourd'hui sur la différence entre un Ministère luthérien , un mandat réformé et l'ordination dans les Eglises catholique et Orthodoxe.
Tout cela dépend de l'ecclésiologie de chacune de ces Eglises.
Mon propos, qui se veut court, s'attardera seulement sur le refus de la différence.
Ce refus si prégnant. Racine du mal de l'homme.
La différence, de race, de sexe d'opinion est toujours vécue me semble-t-il comme un élément de hiérarchie dans l'usage du pouvoir.
Faire entrer quelqu'un de différent, jusque là "pensé comme différent" devient une atteinte intolérable à l'idée qu'on se fait de soi-même et de son importance , une blessure capable de faire régresser les intelligences les plus éclairées.
Ce fut le cas de ce jeune prêtre, il était intelligent !
Mais comment intégrer, l'idée qu'une femme puisse recevoir ce sacrement de l'ordination et remettre en cause le choix exclusif des mâles pour conduire les affaire de l'Eglise, administrer les sacrements...
Comment accepter que les femmes qui prennent partout place, puissent aussi demander leur part dans le travail à accomplir ?
Un jour, un autre de ces jeunes m'a dit :
" J'ai peur pour les garçons, ils sont mal, les filles s'imposent partout".
Etrange vision des choses dans la pensée occidentale où le mérite et la compétence priment la différence.
Ce fossé qui ne cesse de s'agrandir entre une pensée profane et la pensée catholique ne serait il pas plus dangereux que l'accès des femmes à tous les rouages des sociétés ?
Pourtant c'était le temps de ma jeunesse, cela faisait la une de nos journaux de l'époque.
Lorsque le premier pas est fait, la première opposition balayée, on voit les bienfaits du courage.
Obama est il un mauvais président ?
Des anges passent sur la pointe des pieds.......
(1)Premier étudiant noir à intégrer l’université du Mississippi, James Meredith se fera l’un des combattants pour l’égalité civique dans son pays.
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